La mort de David Kessler, haut fonctionnaire, spécialiste des questions culturelles

Patron de France Culture de 2005 à 2008, il a été le conseiller culturel du premier ministre Lionel Jospin en 1997, puis plus tard du président François Hollande. Il est mort le 3 février, à l’âge de 60 ans.

Par Publié le 05 février 2020 à 11h48

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David Kessler, le  26 février 2019.
David Kessler, le  26 février 2019. ISSOUF SANOGO / AFP

Intellectuel, haut fonctionnaire, conseiller politique, homme d’influence mais aussi ancien enseignant, David Kessler est mort lundi 3 février à 60 ans, à son domicile parisien. Depuis 2014, cet homme de grande culture, au caractère affable et au rire communicatif dirigeait Orange Content, la division « contenus » de l’opérateur de télécoms Orange, qui regroupe notamment la filiale de production Orange Studio et OCS. Sa disparition soudaine a entraîné de nombreuses réactions dans le monde politique et culturel. « Fin, cultivé, exquis, grand esprit, grand commis de l’Etat, David Kessler est parti trop tôt… On pleure un ami délicieux, amoureux du cinéma, un type bien », a notamment déclaré Gilles Jacob, ancien président du Festival de Cannes.

Né le 24 février 1959 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), fils d’un père physicien au CNRS et d’une mère universitaire, David Kessler a connu un parcours brillant : normalien, agrégé de philosophie, il enseigne entre 1982 et 1986 la philosophie dans les lycées de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) et Saint-Pol-sur-Ternoise (Pas-de-Calais). « Je ne me voyais pas le faire pendant vingt ans… J’aspirais à faire quelque chose de plus concret, et la politique m’a toujours intéressé, du coup l’idée de faire l’ENA m’est revenue », expliquait-il en 2005, tout juste nommé à la tête de France Culture, une entreprise qu’il qualifiait joliment de « luxe républicain ».

« Une période joyeuse »

Après l’ENA, David Kessler entre au Conseil d’Etat en 1989. Peu après son arrivée, il rédige un rapport très remarqué sur les Sofica, dispositif de financement du cinéma, qui lui permet d’être invité par le Centre national du cinéma deux jours à Cannes à l’occasion du Festival. C’est le début d’une longue histoire entre le haut fonctionnaire et le monde de la culture, dont il se révélera un excellent gestionnaire. Recruté au Conseil supérieur de l’audiovisuel par Hervé Bourges en 1996, Kessler n’y restera pourtant pas longtemps. Car moins d’un an plus tard, Olivier Schrameck, le directeur de cabinet du nouveau premier ministre, Lionel Jospin, lui propose de rejoindre Matignon. Travailler au cœur du pouvoir ne se refuse pas et de cette période (1997-2001), David Kessler gardera le souvenir d’« une période joyeuse ».

De 2012 à 2014, il est conseiller chargé de la culture et de la communication dans le cabinet du chef de l’Etat, François Hollande. Kessler retiendra qu’« à Matignon, vous êtes dans les dossiers et c’est très exaltant. A l’Elysée, c’est différent, on voit les choses de plus haut… »

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