Le ténor allemand Peter Schreier est mort

Egalement chef d’orchestre, il fut l’un des grands interprètes de Bach et de Mozart. Il est mort à Dresde, à l’âge de 84 ans, le jour de Noël.

Par Publié le 27 décembre 2019 à 17h47 - Mis à jour le 15 janvier 2020 à 10h51

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Peter Schreier, en juin 2013.
Peter Schreier, en juin 2013. Hendrik Schmidt / AP

Il tutoyait Bach et ses Passions, dont il restera l’un des très grands évangélistes : le ténor et chef d’orchestre allemand Peter Schreier est mort mercredi 25 décembre, à Dresde (Allemagne), des suites d’une longue maladie, à l’âge de 84 ans.

Né le 29 juillet 1935 à Gauernitz, dans le district de Meissen au sein du land de Saxe, Peter Schreier est initié à la musique par son père, instituteur et chef de chœur. Dès la fin de la guerre, il intègre le célèbre chœur de la Kreuzkirche de Dresde, où il étudie durant huit ans avec Rudolf Mauersberger, qui le pousse vers une carrière de soliste. Il fait sa première apparition à l’opéra dans le rôle de l’un des trois garçons de La Flûte enchantée de Mozart en 1944. Il a débuté comme soprano, mais devient rapidement l’alto solo de sa maîtrise. C’est en tant que tel qu’il chante de nombreuses parties solistes dans les enregistrements des cantates de Bach réalisés dans la collection « Das alte Werk » pour Deutsche Grammophon. Des tournées avec les Dresdner Kreuzchor l’amènent en France, en Scandinavie et au Luxembourg, entre autres destinations. Après la mue de sa voix, Peter Schreier reste dans le chœur et passe dans le pupitre des ténors.

Le timbre clair et l’émission franche de sa voix

En 1954, il a commencé à prendre des cours avec le chanteur et pédagogue Fritz Polster (1954-1956), tout en travaillant comme membre du Chœur de la Radio de Leipzig. Deux ans plus tard, il entre à la Musikhochschule de Dresde où il étudie le chant et la direction d’orchestre. L’année suivante, il apparaît en Paolino dans Il Matrimonio segreto, de Cimarosa, à l’Opéra Studio du Staatsoper de Dresde, dont il intègre l’école de formation. Mais c’est avec le rôle du premier prisonnier dans Fidelio, de Beethoven, qu’il débute une carrière officielle de ténor lyrique.

Le timbre clair et l’émission franche de sa voix, une ligne de chant ciselée et une expressivité à fleur de peau le destinent naturellement à Mozart. Dès 1963, il est devenu le principal ténor lyrique du Staatsoper de Berlin, faisant de nombreuses apparitions en Union soviétique et dans d’autres pays du bloc de l’Est, ce qui ne l’empêche pas de se produire régulièrement à l’Ouest. C’est à Vienne qu’il réserve, en 1966, son premier Tamino (La Flûte enchantée), un rôle qu’il reprendra un an plus tard au Festival de Salzbourg, dont il deviendra un pilier, incarnant chaque année durant vingt-cinq ans tous les grands rôles de ténor mozartien.

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