La mort de François Flohic, ancien aide de camp du général de Gaulle

Le secrétaire particulier de Charles de Gaulle est mort le 5 septembre, à Brusc (Var), à l’âge de 98 ans.

Par Publié le 10 septembre 2018 à 10h43 - Mis à jour le 10 septembre 2018 à 11h38

Temps de Lecture 3 min.

Article réservé aux abonnés

François Flohic, en 1969, à Colombey-les-Deux-Eglises (Haute-Marne).

La photo est restée célèbre : mai 1969, François Flohic marche sur une plage irlandaise, aux côtés du général de Gaulle, vêtu d’un grand manteau de drap sombre, et de son épouse, Yvonne, coiffée d’un chapeau blanc. L’aide de camp du général, le plus fidèle parmi les fidèles, parle à un général usé et pensif. Après son retrait du pouvoir, Charles de Gaulle n’a souhaité à aucun prix être en France pendant la campagne présidentielle, ni pour la cérémonie du 18 juin au Mont-Valérien.

Cette image d’exil est aussi celle d’un long compagnonnage : engagé dans les Forces navales françaises libres (FNFL) dès juillet 1940, François Flohic s’est occupé du secrétariat particulier de Charles de Gaulle, au palais de l’Elysée, de 1959 à 1964, puis de 1965 à 1969. Responsable de l’emploi du temps du président, interprète occasionnel, chargé de communications confidentielles, François Flohic assiste à des rencontres officielles ou informelles avec le président du conseil des ministres de l’Union soviétique Alexis Kossyguine (1904-1980) ou le président des Etats-Unis John Fitzgerald Kennedy (1917-1963). Il l’accompagne également lors de visites à l’étranger, notamment au Québec en 1967.

A 19 ans dans la Résistance

C’est surtout lui qui organise la « fuite » du général à Baden-Baden, en République fédérale d’Allemagne, le 29 mai 1968, pour rencontrer le général Massu. François Flohic racontera plus tard qu’à l’heure où les manifestations battaient leur plein en France le général de Gaulle, désemparé, ne savait plus à quel saint se vouer : « Que va-t-il se passer maintenant ? Que peut-on faire ? Maintenant que je ne suis plus sur le territoire français, le Conseil constitutionnel va constater ma déchéance ! »

C’est à Greenock, en Ecosse, lors d’une inspection des corvettes, en avril 1943, que François Flohic rencontre pour la première fois le général de Gaulle. Né le 2 août 1920 à Ploubazlanec (Côtes-d’Armor), il est rentré dans la Résistance à l’âge de 19 ans. Alors qu’il se destinait à une carrière d’officier dans la marine marchande, il devance l’arrivée des troupes allemandes en embarquant, le 18 juin, à bord du bateau-pilote Albert-Faroult.

Il arrive à Londres en juillet 1940 avec les Forces navales françaises libres, tout juste créées par l’amiral Muselier au service du général de Gaulle. Formé comme officier de marine par les écoles de la France libre et le Royal Naval College britannique, il participe pendant plus de quatre ans à des opérations de convoyage, en Atlantique, en Arctique pour ravitailler l’URSS. En octobre 1943, François Flohic est affecté à bord de la frégate La Découverte, qui s’illustre lors du débarquement en Normandie en 1944.

Il vous reste 39.28% de cet article à lire.

Lecture du Monde en cours sur un autre appareil.

Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois

Ce message s’affichera sur l’autre appareil.

  • Parce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil.

    Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois (ordinateur, téléphone ou tablette).

  • Comment ne plus voir ce message ?

    En cliquant sur «  » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.

  • Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ?

    Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte.

  • Y a-t-il d’autres limites ?

    Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents.

  • Vous ignorez qui est l’autre personne ?

    Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.