Mort du compagnon de la Libération, Yves de Daruvar

Grand-croix de la Légion d’honneur, Yves de Daruvar, qui rallia les Forces françaises libres à l’âge de 19 ans, s’est éteint le 28 mai, à l’âge de 97 ans.

Par Publié le 31 mai 2018 à 06h51 - Mis à jour le 31 mai 2018 à 06h51

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Yves de Daruvar, en 2008.

Yves de Daruvar est mort le 28 mai 2018 à Clamart (Hauts-de-Seine), à l’âge de 97 ans. Grand-croix de la Légion d’honneur, il était le dernier des compagnons de la Libération ayant servi au sein de la 2e division blindée du général Leclerc. C’était aussi une des dernières gueules cassées de la seconde guerre mondiale : le 25 avril 1943, alors que les Forces françaises libres et la VIIIe armée britannique affrontent les troupes italo-allemandes dans le Djebel Garci en Tunisie, Yves de Daruvar reçoit un éclat d’obus dans la bouche qui lui fracasse la mâchoire.

Hospitalisé en Egypte, à Héliopolis, il interrompt son traitement chirurgical pour « replonger dans la bagarre ». « Je n’ai pas voulu que les copains finissent la guerre sans moi », confiait-il. Après avoir rejoint le régiment de marche du Tchad (RMT) à Temara, au Maroc, il part pour l’Angleterre avec l’ensemble de la 2division blindée avant de débarquer en Normandie, en août 1944. « J’ai revu Leclerc qui m’a serré dans ses bras. C’est un homme qui avait une autorité naturelle, un caractère épouvantable, mais on se serait fait hacher en bouillie pour lui », racontait-il.

« Le gentil petit Français »

Dans son dossier conservé au Musée de l’ordre de la Libération, Yves de Daruvar reconnaissait sans peine qu’il aurait pu se retrouver de l’autre côté. A Jérôme Camilly, auteur d’une thèse sur les compagnons de la Libération soutenue à l’IEP de Paris en 1991, il avait confié que dans sa jeunesse, il avait été attiré par l’ordre hitlérien.

Issu d’une vieille famille de la noblesse hongroise, Yves de Daruvar est né le 31 mars 1921 à Istanbul, en Turquie, où son père, officier de l’armée austro-hongroise, a été envoyé pendant la première guerre mondiale pour instruire les artilleurs ottomans. Sa mère, de nationalité iranienne, est d’origine autrichienne et française. A l’âge de 8 ans, Yves de Daruvar émigre en France. Il étudie au lycée Janson-de-Sailly, puis au lycée Louis-le-Grand, à Paris.

Parce qu’il vient d’un pays qui s’est battu aux côtés de l’Allemagne pendant la guerre de 1914-1918, ses camarades le traitent de « sale boche ». Humilié, il insiste auprès de sa famille pour retourner en Hongrie. « A tel point que je voulais redevenir hongrois et venger mon pays mal traité par la première guerre mondiale, expliquera-t-il. J’ai passé mes vacances en 1936 et 1937 en Hongrie, mais là-bas, j’étais le gentil petit Français. »

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