Mort du compagnon de la Libération Constant Engels

Commandeur de la Légion d’honneur, Constant Engels, qui rallia les Forces françaises libres, aux côtés du général de Gaulle, à l’âge de 20 ans, s’est éteint le 3 avril à Beauzelle (Haute-Garonne), à l’âge de 97 ans.

Par Publié le 18 avril 2018 à 11h58 - Mis à jour le 18 avril 2018 à 11h59

Temps de Lecture 3 min.

Article réservé aux abonnés

Le compagnon de la Libération Constant Engels.

Le compagnon de la Libération Constant Engels est mort à l’âge de 97 ans, le 3 avril, à Beauzelle (Haute-Garonne). Dans la chambre qu’il occupait dans l’établissement pour personnes âgées de cette commune située à la sortie de Toulouse, il avait placé sur l’étagère deux photos. Sur la première, le général de Gaulle en uniforme blanc lui remettait la croix de la Libération sur son lit de convalescence à l’hôpital Maurice-Rottier de Beyrouth, le 11 août 1942, après qu’il avait été gravement blessé lors d’un combat à Bir Hakeim, en Libye. Sur la seconde, le président Jacques Chirac le décorait de la Légion d’honneur, le 13 mai 1996.

D’une grande discrétion, Constant Engels n’a jamais témoigné directement sur son parcours. Ni écrits, ni conférences, ni entretiens filmés. Il n’a accordé que de brefs entretiens à La Dépêche du Midi et à France Bleu Occitanie, en 2015 et 2016. Il lui restait alors peu de souvenirs de cette époque où, du haut de ses 20 ans, il s’engagea dans les Forces françaises libres, aux côtés du général de Gaulle, « ce bonhomme formidable », comme il l’appelait à la fin de sa vie.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Le compagnon de la Libération Jacques Hébert est mort

Une fois, en 1986, il était revenu sur son refus de l’armistice du 22 juin 1940 dans un entretien accordé au journaliste Jérôme Camilly, conservé au Musée de l’ordre de la Libération, à Paris. Né le 11 août 1920, à Esen, en Belgique, Constant Engels est issu d’une famille dont la mémoire est marquée par les guerres avec l’Allemagne. En 1870, son grand-père, incorporé dans l’armée française, combat les troupes du Reich. En 1914, lorsque les soldats allemands envahissent la Belgique, sa famille se réfugie aux Pays-Bas. Son père, ingénieur, parvient à rejoindre la France, où il est artilleur. Sa mère est infirmière au front. Deux de ses oncles sont tués en 1915 et 1917. « A la maison, l’ambiance était tout à fait patriotique », confiera-t-il plus tard. Pour autant, sa famille n’est pas antiallemande, elle a gardé des relations avec des anciens combattants allemands de 14-18, des « libéraux préoccupés par l’Europe ».

L’appel du 18 juin

En 1939, Constant Engels est trop jeune pour être mobilisé dans l’armée belge. Brillant élève, il prépare alors l’école des Mines et l’école des Sciences politiques à Bruxelles. Devant l’offensive allemande de mai 1940, il fuit son pays. Avec sa mère et ses proches, il se réfugie à Dunkerque où il embarque pour Folkestone (dans le sud-est de l’Angleterre), sur un bateau qui évacue des membres de l’administration belge. Mobilisable, il est rapatrié sur un bateau anglais vers la France où la guerre est censée se poursuivre. Alors qu’il est à Jersey, le maréchal Pétain annonce aux Français qu’il faut « cesser le combat ». Il met alors le cap sur Londres, où il entend l’appel du 18 juin de De Gaulle à la radio. Chez les Engels, le général n’est pas inconnu.

Il vous reste 36.13% de cet article à lire.

Lecture du Monde en cours sur un autre appareil.

Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois

Ce message s’affichera sur l’autre appareil.

  • Parce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil.

    Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois (ordinateur, téléphone ou tablette).

  • Comment ne plus voir ce message ?

    En cliquant sur «  » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.

  • Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ?

    Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte.

  • Y a-t-il d’autres limites ?

    Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents.

  • Vous ignorez qui est l’autre personne ?

    Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.