Christo et Jeanne-Claude, la matrice des années parisiennes, au Centre Pompidou

L’exposition « Christo et Jeanne-Claude, Paris ! » rend hommage au duo new-yorkais dans la ville qui les a vus éclore artistiquement, au tournant des années 1960.

Par Publié le 01 juillet 2020 à 00h09 - Mis à jour le 01 juillet 2020 à 05h21

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Le Pont-Neuf empaqueté (1975-1985) par Christo, à Paris.

Samedi 14 mars, à quatre jours de l’ouverture de l’exposition, l’accrochage était prêt. Christo, trop affaibli pour faire le déplacement jusqu’à Paris, avait rendez-vous avec la presse par visioconférence depuis son domicile new-yorkais, la veille du vernissage.

Mais le Centre Pompidou avait dû fermer jusqu’à nouvel ordre. L’onde mondiale du Covid-19 est passée par là. Puis l’artiste est mort dimanche 31 mai, à quelques jours de son 85anniversaire. L’exposition « Christo et Jeanne-Claude, Paris ! » ouvre finalement mercredi 1er juillet, orpheline.

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L’artiste ne voulait pas une rétrospective, mais plutôt une découverte de la matrice créative de ses débuts. Il a 22 ans quand il arrive, seul et apatride, à Paris, en 1958. Etudiant à l’Académie des beaux-arts de Sofia, en Bulgarie, il a réussi à fuir le bloc communiste depuis Prague par l’Autriche, puis la Suisse jusqu’à Paris, capitale des arts qu’il rêvait d’atteindre. Sa ville d’adoption sera finalement New York, où il s’est installé dès 1964. Les sept années parisiennes auront été un sas créatif déterminant dans l’évolution de sa pratique.

Il gagne d’abord sa vie en peignant des portraits signés « Javacheff », son nom de famille. C’est grâce à ce travail alimentaire qu’il rencontrera Jeanne-Claude : quelques mois après son arrivée, la mère de celle-ci, mariée au général Jacques de Guillebon, l’invite au domicile familial pour lui passer commande.

Il montrera son véritable œuvre en construction à celle qui deviendra sa « jumelle » (ils sont nés le même jour, le 13 juin 1935) pendant plus de cinquante ans (elle est morte en 2009) à la lumière minutée des chambres de bonne dans lesquelles il vit et travaille : des murs remplis d’objets empaquetés. Ce que, déjà, il signe de son nom d’artiste, son simple prénom. Christo deviendra « Christo et Jeanne-Claude », dès lors que leurs collaborations (lui à la création, elle à l’orchestration des projets) viendront s’implanter dans l’espace public, à l’échelle des villes ou des paysages.

Effets de matières

C’est le cas dès juin 1962 à Paris, rue Visconti. Pour la première fois, en réaction à la construction du mur de Berlin qui le révolte, Christo troque les boîtes de métal qu’il empaquette façon inventaire pour des barils de pétrole usagés, modules qu’il empile jusqu’à barrer la rue étroite, une nuit, sans autorisation. Un « rideau de fer » qui sera sa première intervention monumentale, réalisée avec la complicité de Jeanne-Claude, l’année même de sa première exposition personnelle dans une galerie.

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