Des enfants « malades de l’école »

Anne Mourgues a suivi pendant plusieurs mois des jeunes qui souffrent de phobie scolaire.

Par Publié le 06 juin 2020 à 19h00

Temps de Lecture 1 min.

Lisa, 17 ans, souffre de phobie scolaire depuis huit mois.

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Impossible pour eux d’aller en cours. Trop d’angoisses. Souffrant de phobie scolaire, une pathologie non reconnue en tant que telle, ces enfants et adolescents éprouvent une peur irrationnelle, non liée à un événement particulier (harcèlement, mauvais résultats…), qui bouleverse leur vie et celle de leurs proches. Anne Mourgues a suivi, durant des mois, les parcours de cinq jeunes atteints de phobie scolaire pour ce documentaire tourné dans plusieurs villes normandes.

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Débuté en juin 2019, le tournage s’est achevé juste avant le début de l’épidémie de coronavirus. Pour traiter ce sujet délicat, la réalisatrice a pris le temps de tisser des liens de confiance avec les enfants, mais aussi avec leurs parents, souvent désemparés et parfois en colère contre leur propre impuissance.

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Les premières rencontres entre la réalisatrice et les familles ont eu lieu près de deux ans avant le début du tournage. Au début méfiantes, les familles se sont laissé convaincre. « Au moment du tournage, il y avait ce lien qui nous unissait et qui m’a permis de capter ces séquences que je n’aurais jamais pu obtenir sans tout ce travail en amont », souligne Anne Mourgues, qui, au départ du projet, a rencontré Emmanuel Guitton. Le psychothérapeute, qui apparaît dans le documentaire lors d’une étonnante séance de thérapie par le jeu avec le petit Philippe, 5 ans, a joué un rôle précieux dans la mise en relation d’Anne Mourgues avec les membres de l’association Phobie scolaire Normandie.

Trois piliers

De Hugo (17 ans), déscolarisé depuis la sixième, à Lisa (17 ans), phobique depuis huit mois, en passant par Nicolas (19 ans), inscrit en première année de BTS après avoir fui l’école pendant trois ans, sans oublier Tom (12 ans), déscolarisé depuis sept mois, ou le petit Philippe (5 ans), tous les cas sont différents et complexes.

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Il faut libérer les paroles, des jeunes comme des parents, et cela est délicat tant les souffrances sont grandes. Tous sont d’accord pour dire qu’un suivi efficace s’appuie sur trois piliers : la famille, l’école et le thérapeute. Pour ces enfants, la notion de temps est différente de celle des autres. Certains se réfugient des mois dans leur chambre, d’autres trouvent l’apaisement auprès d’animaux ou dans la fabrication d’objets. Et le retour en classe redevient parfois possible.

Phobie scolaire, le burn-out de l’enfance, d’Anne Mourgues (Fr., 2020, 52 min).

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