« The Wretched », le petit film d’horreur qui cartonne dans les drive-in américains

Ce film à petit budget, réalisé par les frères Drew T. et Brett Pierce, rencontre un succès phénoménal chez les adolescents qui fréquentent massivement ces lieux en cette période de Covid-19.

Par Publié le 01 juin 2020 à 16h50

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« The Wretched », film américain de Brett et Drew T. Pierce.

C’est un phénomène aux Etats-Unis où il ne fut, en raison de la fermeture de près de 90 % des salles, pour raisons sanitaires, projeté que dans des drive-in. The Wretched, petit film d’horreur indépendant aux modestes conditions de production, a déjà rapporté plus de 650 000 dollars (585 200 euros) depuis sa sortie.

Un public majoritairement adolescent, fréquentant massivement ces cinés-parkings qui fleurissent depuis le début de l’épidémie, a ainsi plébiscité le film. Les auteurs de The Wretched sont deux frères, Drew T. et Brett Pierce, originaires du Michigan, qui en signent ensemble le scénario et la réalisation. Ils sont eux-mêmes étonnés du destin d’un film dont le sort aurait dû être plus obscur, celui des petites productions d’horreur diffusées dans quelques salles et vivant ensuite une vie plus souterraine en streaming.

A quoi attribuer un succès qui ne fait que croître depuis les premières projections, maintenant le film en tête du box-office durant quatre semaines d’affilée ? Certes, le contexte, dépourvu de toute offre concurrente véritable, a pu jouer en sa faveur. Les critiques eux-mêmes lui ont reconnu des qualités particulières qui le distingueraient du tout-venant de l’épouvante cinématographique actuelle et susciteraient la curiosité de spectateurs potentiels. Le Los Angeles Time a ainsi pointé une capacité à recréer une atmosphère et un suspense « à l’ancienne ». Sans doute, en effet, y a-t-il une part inavouée de nostalgie qui entrerait en jeu dans le regard que l’on pourrait porter sur The Wretched.

Anachronisme

Car son originalité, toute relative, réside en effet dans une certaine forme d’anachronisme dont témoigne la structure d’un récit qui rejette la surenchère contemporaine pour prendre le temps de raconter une histoire, de faire monter la tension et d’abattre quelques cartes psychologiques. Cette histoire d’un adolescent, soupçonnant sa voisine d’être une sorcière qui aurait fait disparaître ses propres enfants, renvoie à certains scénarios typiques du cinéma américain des années 1980, à des titres comme le célèbre Vampire, vous avez dit vampire ? de Tom Holland ou à certaines productions de Steven Spielberg. Ce qui aurait pu être banal il y a une trentaine d’années se voit auréolé d’un anachronisme louable par rapport aux conventions de la production contemporaine. Paranoïa et famille perturbée (des parents en plein divorce) viennent nourrir et expliquer le comportement du héros tout autant que donner une signification au suspense.

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