Six parcours d’art dans les galeries parisiennes

Les journalistes du « Monde » ont sélectionné plusieurs expositions, à voir dans les galeries ce week-end, après avoir appelé pour prendre rendez-vous, c’est plus sûr.

Publié le 21 mai 2020 à 23h47 - Mis à jour le 27 mai 2020 à 09h32

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LA LISTE DE LA MATINALE

Aujourd’hui, petit tour dans les galeries parisiennes qui viennent de rouvrir. Au menu de nos déambulations, les créatures inquiètes de Miriam Cahn, les dessins maritimes de Charles Le Hyaric, les flamboyances de Pilar Albarracin, et bien d’autres qu’on peut trouver sur une nouvelle application dédiée.

Pilar Albarracin, à la Galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois

No apagues mi fuego, déjame arder (n’éteins pas mon feu, laisse-moi brûler)1 de Pilar Albarracín. 2020.
No apagues mi fuego, déjame arder (n’éteins pas mon feu, laisse-moi brûler)1 de Pilar Albarracín. 2020. PILAR ALBARRACIN / GALERIE VALLOIS

C’est dans son identité andalouse, avec son folklore et ses rituels, que l’artiste Pilar Albarracin, personnage à la Almodovar tout à la fois performeuse, vidéaste, photographe et plasticienne, puise son œuvre féministe à l’ironie fiévreuse. La Sévillane revient dans sa galerie parisienne avec un nouvel ensemble tragi-comique autour des célébrations de la Semaine sainte, temps fort de la vie religieuse en Espagne qui aura cette année été mis sous cloche (comme son exposition) pour cause de confinement.

Ici, les cierges sont brandis par des mains de femmes dont les faux ongles pointus rappellent les capuches des pénitents par leur forme, mais convoquent cultures tribales et underground par leurs motifs. Autres impénitentes mutations : ces mêmes cierges sont arrangés en une sorte d’orgue de cire, et des signes cabalistiques détournent les enseignes brodées des processions. L’artiste se met aussi en scène, en tenue traditionnelle, sur un bûcher où un livre d’histoire de l’Espagne prend feu. Autodafé et flamboyances. Emmanuelle Jardonnet

« No apagues mi fuego, déjame arder III » (N’éteins pas mon feu, laisse-moi brûler III), Galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois, tous les jours sauf le dimanche, 33, rue de Seine, Paris 6e. Tél. : 01-46-34-61-07. prolongé jusqu’au 25 juin.

Jeanne Susplugas, à la Galerie Mansart

« Forêt généalogique », 2020, in situ, de Jeanne Susplugas. Au premier plan : « Flying house ».
« Forêt généalogique », 2020, in situ, de Jeanne Susplugas. Au premier plan : « Flying house ». JEANNE SUSPLUGAS / GALERIE MANSART

Depuis ses débuts, il y a presque vingt ans, Jeanne Susplugas a un sujet principal : les maladies et les remèdes. Ce serait donc peu dire que son exposition, qui n’avait pu ouvrir en mars, est en phase avec l’époque. On y retrouve quelques-unes des pratiques préférées de l’artiste : le détournement des codes de la biologie et de la chimie, la parodie des langages publicitaires des laboratoires, l’invention d’environnements dont le mobilier et l’encombrement évoquent les cabinets médicaux.

Sur le mur, elle dessine des arbres dont les troncs superposent ce qui seraient les symboles d’innombrables phobies. Sur le papier, elle fait apparaître des schémas des entrelacs extravagants de neurones ou de vaisseaux. Parmi les objets du quotidien qu’elle grossit et entasse au sol, il y a ceux de nos exercices sportifs souhaitables, mais aussi ceux de la violence – et une boîte de médicament, au cas où. Rien de pesant, rien de pathétique dans ces travaux : la dérision et la légèreté sont bien plus efficaces. Philippe Dagen

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