Les Strokes de retour avec un album riche en promesses non tenues

« The New Abnormal », sixième opus du quintette new-yorkais, ne parvient pas à convaincre malgré quelques titres accrocheurs.

Par Publié le 10 avril 2020 à 15h52 - Mis à jour le 10 avril 2020 à 16h00

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Comme dans leurs cinq précédents albums, les Strokes soignent leur attaque. Impeccable titre d’introduction, The Adults Are Talking cumule à la fois le plaisir de retrouver un son signature – le minimalisme emballant d’une rythmique et les tourneries taquines des guitares – et une excitante perspective de renouvellement grâce à une attendrissante et inédite proximité vocale. Mais on a appris à se méfier.

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Après un premier album, Is This It (2001), dont l’efficacité pète-sec et les poses cool redonnèrent urgence et sex-appeal aux guitares du rock, et un second opus, Room on Fire (2003), presque autant gorgé de refrains accrocheurs, les autres épisodes discographiques du quintette new-yorkais ont eu du mal à tenir la distance. Sept ans après le précédent chapitre (Comedown Machine) d’une histoire ayant tendance à se déliter au rythme des bouderies et des projets solos, la première écoute de The New Abnormal laisse espérer la renaissance d’une inspiration.

Passé la réussite du premier morceau, on se laisse d’abord séduire jusqu’au bout par l’habile variété de la mise en son. Il faut dire que les Strokes n’ont pas confié les manettes du studio à n’importe qui. Producteur aux allures de grizzly mal luné, figure clé de l’histoire du rap (cofondateur du label Def Jam), du rock lourd, voire de la country et de la pop, réputé pour redonner vie à des carrières au point mort, Rick Rubin valorise les jeux dynamiques et chromatiques de ces nouvelles chansons.

Un mode souvent minimaliste et perçant

Qu’il s’agisse d’aiguiser les angles et les duels des guitares d’Albert Hammond Jr et de Nick Valensi, la précision métronomique de la basse de Nikolai Fraiture et de la batterie de Fabrizio Moretti, ou de cultiver avec les instrumentistes et leur chanteur, Julian Casablancas, de nouveaux champs d’exploration. Claviers et électronique y prennent leur part, sur un mode souvent minimaliste et perçant (Brooklyn Bridge to Chorus, l’intro d’At The Door, celle d’Ode to the Mets), avant de s’offrir des plages plus spatiales et lancinantes.

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Nombre de titres jouent de ces contrastes en exploitant des formats (dépassant souvent les cinq minutes, loin de la rêche concision d’Is This It), propices aux expérimentations, comme dans Eternal Summer, au groove funky et vocalises soul perturbés par l’irruption d’un brutal chanté-parlé.

On termine donc l’écoute de ce disque, persuadé que ses décors – en phase avec la profusion hirsute et colorée du tableau de Basquiat, Bird on Money, illustrant la pochette – révéleront, à la pratique, de nouvelles émotions, à la façon des meilleurs grower (les Anglo-Saxons désignent ainsi les œuvres se bonifiant à chaque réécoute).

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