« Nos terres inconnues » : à Ouessant, dans le sillage de Nicole Ferroni

L’invitée de la version hexagonale de « Rendez-vous en terre inconnue » se révèle au contact d’Iliens surprenants. Une aération visuelle et intellectuelle.

Par Publié le 07 avril 2020 à 19h00

Temps de Lecture 2 min.

Raphaël de Casabianca et Nicole Ferroni sur l’île d'Ouessant (Finistère).
Raphaël de Casabianca et Nicole Ferroni sur l’île d'Ouessant (Finistère). JEAN-MICHEL TURPIN

FRANCE 2 - MARDI 7 AVRIL À 21 H 00 - MAGAZINE

Ce n’est ni le premier ni le dernier programme consacré à Ouessant (Finistère), petite île la plus à l’ouest de la Bretagne connue pour ses paysages magnifiques mais rugueux, ses tempêtes, ses images spectaculaires de geysers d’eau de mer qui se fracassent sur le phare de la Jument. Et, plus rarement, pour ses habitants, sur lesquels on s’interroge distraitement : « Mais comment font-ils pour vivre ici toute l’année ? » Avant de reprendre le ferry ou d’éteindre la télé.

Toute jeune émission, « Nos terres inconnues », version hexagonale de « Rendez-vous en terre inconnue », est basée sur le même concept que son aînée. L’animateur, Raphaël de Casabianca, invite une personnalité qui ignore tout de ce qui l’attend, en l’occurrence passer une semaine sur ce croissant rocheux à 20 kilomètres au large de Brest. Une trame un peu factice, que l’on oublie très vite dans ce numéro, par l’heureuse convergence de la personnalité des Iliens et de celle de Nicole Ferroni.

Révélée par « On n’demande qu’à en rire », sorte de télécrochet pour humoristes (2010-2014) créé sur France 2 par Laurent Ruquier, Nicole Ferroni, nez rouge et tee-shirt noir sur ses affiches, tient d’ordinaire une chronique le mercredi sur France Inter. Elle arrive cette fois en ciré jaune, accompagnée de… Monique, une « blague sur pattes », rescapée de Faces plates sans foyer – refuge pour bouledogues, carlins et autres boxers abandonnés.

Lutter contre les a priori

Plus habituée à bousculer verbalement les politiques qu’à être bringuebalée par les vents de la mer d’Iroise, puisqu’elle vit à Aubagne (Bouches-du-Rhône), près de la Méditerranée, Nicole Ferroni va se révéler drôle – mais ça, on s’en doutait – et ultrasensible. Parfois, l’humoriste a des envolées étranges, comme « On a une psyché stratosphérique » ou « On est au climax de l’hostilité », parfois les larmes la surprennent.

Toujours souriant, bienveillant et professionnel, Raphaël de Casabianca sert de lien avec les Ouessantins. Timothée, le « chinchard » – nom péjoratif donné ici aux non-Iliens –, est l’unique maître d’école de l’île. Avec la blonde Inès, de l’office de tourisme, ils forment le couple hôte de l’émission. Certains repas sont pris chez Véronique et « Tif », les parents d’Inès, où habite également la cadette, Rose, quand elle n’est pas en pension à Brest. On croise aussi Ingrid, la plombière, Emilie, professeure de breton, et Ludovic et Malo, sauveteurs en mer bénévoles.

On pourrait penser que l’isolement géographique entraîne un repli sur soi. C’est l’inverse qui se produit. Hors saison, Ludovic est mécano sur le bateau d’une ONG en Méditerranée, qui secourt les immigrés clandestins – « On laisse pas des gens dans la flotte, et puis c’est tout », dit-il. Rose s’insurge, elle, contre les tomates importées du Pérou.

Ultime surprise, Raphaël de Casabianca et Nicole Ferroni embarquent pour l’îlot de Quéménès, où Amélie et Etienne, ingénieurs de formation, vivent seuls, en autarcie, heureux. « On avait deux CDI, une maison. On achetait plein de choses », se souvient Etienne, avant de s’engager pour cette vie de naufragé-locataire, avec pour seul rapport au temps une horloge à marée – et nous une seule envie : y aller !

« Pourquoi vous avez accepté de nous recevoir ? », demande Raphaël de Casabianca. Les réponses sont unanimes : pour lutter contre les a priori. C’est réussi.

« Nos terres inconnues », avec Nicole Ferroni sur l’île d’Ouessant, de Pierre Stine (Fr., 2020, 105 min).

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