L’Afghanistan décryptée sur Arte, quarante années d’espoir en désillusions

Une série documentaire remarquable, en quatre volets, retrace l’engrenage qui a conduit le pays à la guerre.

Par Publié le 07 avril 2020 à 19h30

Temps de Lecture 2 min.

Un homme fait sa prière de l’après-midi à Kaboul (Afghanistan), en 1968.
Un homme fait sa prière de l’après-midi à Kaboul (Afghanistan), en 1968. DR. BILL PODLICH

ARTE - MARDI 7 AVRIL À 20 H 50 - DOCUMENTAIRE

Des jeunes femmes en minijupe se déhanchant dans des boîtes de nuit. Des restaurants pleins à craquer. Des filles et des garçons mélangés sur les terrains de sport. Des touristes occidentaux débarqués en masse, hippies en tête, pour admirer les splendeurs d’un pays fascinant.

Où sommes-nous ? A Kaboul, à la fin des années 1960. Au cœur d’une capitale où les élites économiques et intellectuelles mènent une vie à l’occidentale, comme le prouvent les étonnantes archives filmées du premier volet (sur quatre) de ce remarquable documentaire consacré à l’Afghanistan, des années 1960 à nos jours.

Il fallait bien quatre épisodes d’une cinquantaine de minutes chacun pour retracer l’histoire récente et tourmentée de ce pays complexe. Le résultat de ce travail vaut le détour, tant sont riches les témoignages des intervenants (ancien membre de la famille royale, ex-dirigeants combattants, officiers soviétiques, agents secrets américains…) et variées les images d’archives en provenance du monde entier : de la Gaumont aux extraits de reportages de la BBC, en passant par des images de violents combats en première ligne, filmées par un reporter soviétique.

Long tunnel de violences

Le plus étonnant de ces quatre volets est sans doute le premier, consacré à la période 1964-1973. Une période dite « de démocratie » durant laquelle le pays, qui est alors une monarchie dirigée par le roi Mohammad Zaher Chah, se dote d’une Constitution. A Kaboul, on adopte un style de vie à l’occidentale, mais, dans le reste du pays, la misère est toujours là. Sur le plan diplomatique, le roi, qui tient à la neutralité de son pays, joue sur tous les tableaux, acceptant à la fois l’aide du puissant voisin soviétique et celui des Américains.

En juillet 1973, un coup d’Etat militaire transforme le pays en République avec à sa tête Mohammad Daoud Khan, qui n’était autre que le cousin du roi. Promesses de réformes, rapprochement avec l’URSS avant qu’un nouveau coup d’Etat militaire n’assassine Daoud, en avril 1978. Le nouveau pouvoir remplit les prisons d’opposants et tente d’installer un régime de type soviétique.

Le pays bascule dans un long tunnel de violences sans fin, entre révoltes islamiques, guerres meurtrières, réfugiés par millions et occupations étrangères. Le deuxième volet du documentaire, consacré à la longue occupation soviétique (décembre 1979-février 1989), propose des archives filmées inédites, qui témoignent de la dureté des combats.

Afghanistan, un pays meurtri par la guerre, réalisé par Mayte Carrasco et Marcel Mettelsiefen (All., 2020, 4 x 52 min). Disponible sur Arte.tv jusqu’au 5 juillet 2020.

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