Denis Dessus, président du conseil national de l’ordre des architectes : « Nous n’accepterons pas une reprise à risque des chantiers »

Le responsable du CNOA estime que « la santé et la sécurité des ouvriers » prime sur « les intérêts macroéconomiques ».

Propos recueillis par Publié le 24 mars 2020 à 19h06

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Denis Dessus, président du conseil national de l’ordre des architectes.

Après une semaine de conflit ouvert, le gouvernement et le secteur du bâtiment ont annoncé, samedi 21 mars, avoir trouvé un accord qui permette d’envisager une reprise l’activité sur les chantiers. Alors que les architectes, qui en tant que maîtres d’œuvre assurent la coordination de l’activité des chantiers, n’avaient pas été consultés, le conseil national de l’ordre des architectes (CNOA) a réagi par voie de communiqué pour rappeler qu’« il ne peut y avoir de reprise de chantier sans l’accord de la maîtrise d’œuvre et la décision de la maîtrise d’ouvrage ». Le texte soulignait par ailleurs que les 20 000 agences d’architecture réparties sur le territoire ont organisé cette semaine la sécurisation et l’arrêt de dizaines de milliers de chantiers avec les entreprises du bâtiment et travaux publics (BTP), « en accord avec les déclarations du président de la République et du premier ministre », et qu’elles ne pourraient « s’occuper de la réouverture et de la reprise des travaux que si les conditions de sécurité le permettent ».

Joint par téléphone lundi 23 mars, Denis Dessus, le président du CNOA, a répondu aux questions du Monde.

Quelle est la position du CNOA sur la question de la poursuite des chantiers ?

Nous n’accepterons pas une reprise à risque. Les intérêts macroéconomiques ne prévaudront pas sur la santé et la sécurité des ouvriers. Un chantier, c’est la coactivité de plusieurs entreprises sur un même site. Aujourd’hui, ce n’est pas envisageable. Les conditions sanitaires et sécuritaires ne sont pas réunies. Le bâtiment, c’est 15 milliards de chiffre d’affaires par mois, 2 millions d’actifs. Je comprends que si les ouvriers restent à la maison, c’est un vrai poids sur l’économie nationale, mais l’intérêt collectif doit primer.

Nos prises de position ont été massivement et unanimement saluées par la profession, par les entreprises et les artisans aussi. Nous croulons sous les courriers de soutien et de remerciements. J’y vois le signe que nous avons raison. Cela tombe sous le sens, de toute façon : on ne peut pas demander à 2 millions d’actifs de faire jusqu’à 60 kilomètres pour se rendre sur les chantiers alors qu’on colle des PV à des gens qui prennent l’air devant leur porte. On ne peut pas à la fois considérer qu’on a besoin de limiter nos échanges, et accepter qu’un ouvrier se déplace tous les jours jusqu’à son chantier et mette en danger la société tout entière. Nous nous y opposerons.

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