Mathias Malzieu, jamais sur le mode « pause »

Le bondissant chanteur de Dionysos publie un nouvel album, « Surprisier », et sort un film « Une sirène à Paris », tiré de son roman publié en 2019.

Par Publié le 02 mars 2020 à 06h37

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Mathias Malzieu, au musée des arts forains, à Paris, le 7 mai 2019.
Mathias Malzieu, au musée des arts forains, à Paris, le 7 mai 2019. YANN ORHAN

De O +, il est devenu A –. Il a changé de sang au passage d’une greffe de la moelle osseuse qui l’a sauvé. Sa tignasse de rouquin s’est piquée de sel et il a laissé pousser une barbe de lutin, allant en skateboard électrique traquer le merveilleux dans les forêts norvégiennes. Mais de peau, il n’a pas changé : à 45 ans, le bondissant chanteur de Dionysos continue de mettre le public debout dès qu’il embrase une salle. « Je ne refuse pas de vieillir, dit-il, même s’il y a une petite peterpanerie là-dedans : le constat qu’on conserve une part d’enfance. »

Il se confie en plantant sa fourchette dans un burger de luxe dont il a fait tout retirer, sauf le steak et le pain. Autant pour la cuisine fusion de ce restaurant branché : « Je mange comme un enfant de 5 ans. Pas anorexique, je suis gourmand mais j’ai un plaisir fou à déguster des coquillettes au beurre. C’était terrible pour ma mère qui était un cordon-bleu. On a mis ça sur le compte de mon hypersensibilité : l’ouïe, les odeurs… tout est hyperdéveloppé chez moi. »

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On confirme : hyperactivité. Mathias Malzieu ne revient pas seulement avec un nouvel album, Surprisier, et une série de concerts, mais aussi avec un film, Une sirène à Paris, en salle le 10 mars et tiré du livre du même nom, publié en février 2019 chez Albin Michel. Et tout se tient. « Ce n’est pas un concept, c’est instinctif, se défend-t-il. Je déroule un fil, comme le contrecoup joyeux du retour à la liberté après l’hôpital. » Le fil, c’est cette sirène échouée au pont des Arts qui sort de sa mélancolie un homme brisé par un chagrin d’amour.

« Comme des gares géantes »

« D’abord il y a l’écriture, qui est un studio portatif, raconte-t-il. J’aime mon siège en forme d’œuf dans lequel j’écris. J’aime les nids. (Le roman, il l’a fini dans une cabane à douze mètres de haut dans la forêt de Compiègne.) Après vient l’envie d’écrire des chansons ou d’imaginer un film : c’est comme un livre en pop-up dont les personnages sortent en chair et en os, poursuit-il. Mais, du coup, mes nuits sont comme des gares géantes, pleines de trains, avec un toujours prêt à partir au moment où il faudrait éteindre la lumière. Chez moi, c’est le bouton pause qui n’est pas très fonctionnel. »

« Il est  l’homme volcan, confirme Lisa, sa sœur, de cinq ans son aînée. Comme le petit garçon toujours en éruption, toujours allumé, et prêt à exploser, qu’il décrit dans le livre numérique qu’il a publié en 2011. »

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