Sélection albums : Adélaïde Ferrière, Bryan Ferry et le duo Hila

A écouter cette semaine : une soliste multitâche, des standards du jazz et des sonorités arméniennes.

Publié le 14 février 2020 à 16h16

Temps de Lecture 2 min.

  • ADÉLAïDE FERRIÈRE
    Contemporary

Sélection d’œuvres contemporaines pour percussion par Adélaïde Ferrière.

Pochette de l’album « Contemporary », d’Adélaïde Ferrière.
Pochette de l’album « Contemporary », d’Adélaïde Ferrière. EVIDENCECLASSICS/PIAS

A 23 ans, Adélaïde Ferrière démontre avec ce programme pour percussionniste aguerri qu’elle n’en est plus au stade de la jeune artiste à découvrir (« révélation soliste instrumental » de l’année 2017, à l’aune des Victoires de la musique classique). Au marimba (son instrument de prédilection) comme aux autres sources sonores à mener à la baguette, des plus classiques (bongos, toms) aux plus inattendues (bidon de pétrole), la soliste multitâche (un « must » dans le répertoire contemporain) ne rate jamais son coup. Mieux, elle imprime sa marque à des œuvres que de grands interprètes ont déjà sanctuarisées. Féline dans les insaisissables Rebonds d’Iannis Xenakis, bipolaire dans le mystérieux Moi, jeu de Bruno Mantovani et mutante dans les Loops hypnotiques de Philippe Hurel, elle parvient même à atténuer la grisaille des anecdotiques contributions de Franco Donatoni (Omar) et de Richard Rodney Bennett (After Syrinx II). Quant au spectaculaire Psappha de Xenakis, lointain écho des rites saphiques, il invite à comparer Adélaïde Ferrière non pas à une prêtresse, mais à une magicienne. Pierre Gervasoni

1 CD Evidenceclassics/PIAS.

  • BRYAN FERRY
    Live at the Royal Albert Hall 1974
Pochette de l’album « Live at the Royal Albert Hall 1974 », de Bryan Ferry.
Pochette de l’album « Live at the Royal Albert Hall 1974 », de Bryan Ferry. DENE JESMOND ENTERPRISES LTD./BMG

Lorsque l’Anglais Bryan Ferry présente les albums These Foolish Things, publié en octobre 1973 et Another Time, Another Place, en juillet 1974, deux recueils de reprises, il est à la tête d’un des groupes les plus sophistiqués de la scène britannique, Roxy Music. Trois concerts en solo, dont celui du 19 décembre 1974, au Royal Albert Hall, à Londres, sont organisés avec un chœur, un ensemble de vents et de cordes et la quasi-totalité de Roxy Music, par ailleurs en tournée et dont le quatrième album, Country Life, est paru peu avant. Formidable d’élégance vocale et d’énergie joyeuse, Ferry chante les Rolling Stones, Dylan – superbe version, presque virant vers la soul de A Hard Rain’s a-Gonna Fall –, les Beatles et des succès rendus célèbres notamment par The Paris Sisters, Lesley Gore, The Miracles, ou tirés du grand livre des standards du jazz (Smoke Gets in Your Eyes, These Foolish Things). Un concert parfait, jusqu’alors inédit et presque complet. C’est le seul défaut de cette publication. Sylvain Siclier

1 CD Dene Jesmond Enterprises Ltd/BMG.

  • HILA
    21
Pochette de l’album « 21 », d’Hila.
Pochette de l’album « 21 », d’Hila. BIGWAX-BELIEVE-PUSHER

Ils ne se sont pas trop creusé la tête pour donner un titre à leur premier album. 21 correspond au nombre de jours qu’aura duré l’enregistrement, confessent les musiciens formant le duo Hila : Artyom Manukyan, violoncelliste arménien installé à Los Angeles et David « Dawatile » Kiledjian, multi-instrumentiste et producteur français, également d’origine arménienne. Ils ont en revanche sacrément su mobiliser leur imaginaire, trouvé des tas d’idées pour inventer une musique métissant avec pertinence et sans faute de goût, électro, jazz et échos de traditions musicales arméniennes, comptant notamment, au nombre de leurs musiciens, Norayr Kartashyan, joueur de flûte et de hautbois traditionnels bloul et zurna. Entre atmosphères épurées, tendres ou inquiétantes et escapades plus rythmées, un vrai voyage. Patrick Labesse

1 CD Bigwax-Believe-Pusher.

Le Monde

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