Musique contemporaine : les sages turbulences du compositeur George Benjamin

L’artiste anglais est la tête d’affiche de la 30e édition du festival Présences de Radio France, jusqu’au 16 février.

Par Publié le 06 février 2020 à 08h00 - Mis à jour le 07 février 2020 à 09h58

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Pour le compositeur George Benjamin (ici chez lui à Londres), « toute musique relève de l’opéra ».

Au festival Présences, manifestation que Radio France dédie depuis 30 ans à la création musicale, les têtes d’affiche de prestige se succèdent et ne se ressemblent pas. Difficile, en effet, de trouver compositeurs plus dissemblables que l’Allemand Wolfgang Rihm, honoré en 2019, et l’Anglais George Benjamin, invité principal de l’édition 2020, qui se déroule du 7 au 16 février. Poids lourd et poids plume, pourrait-on dire si l’on osait une comparaison avec la boxe – alors que les pugilats n’ont plus lieu depuis des lustres dans les cénacles de la musique contemporaine – pour désigner tant leur personne que leur production.

Le catalogue du géant Rihm avoisine les 400 opus quand celui de l’elfe Benjamin n’en compte que 39. Toutefois, l’un et l’autre sont des créateurs de haut vol, à l’écart des doctrines, et bâtir toute une programmation (82 œuvres, 57 compositeurs, 24 créations mondiales, 11 créations françaises) autour de telles figures d’indépendance est à mettre au crédit de Radio France.

Lire le compte-rendu de l’édition 2019 : Le festival Présences, sans Rihm mais avec poésie

Le portrait de George Benjamin, brossé par le festival Présences à l’occasion des 60 ans du compositeur, permettra d’accéder à l’essence d’une musique dont l’expression, dans le détail comme dans la forme, revêt un soin extrême. « C’est une préoccupation à laquelle je ne pouvais pas échapper », confie George Benjamin, en évoquant ses parents, un père éditeur et une mère antiquaire, « tous deux excessivement scrupuleux dans leur métier ». Dès l’âge de  7 ans, il n’eut aucun doute sur la voie qu’il choisirait. « Mon enthousiasme pour la musique était tellement fort que j’étais sûr d’être compositeur. » Enfant, George Benjamin a très vite écrit de la musique mais il en a aussi beaucoup joué, en improvisant longuement au piano et en accompagnant des petites pièces de théâtre montées dans son école. « Mon premier héros fut Beethoven puis le second, Berlioz et ensuite, Mahler. Tous étaient interprètes », analyse-t-il a posteriori.

Lire l’entretien avec George Benjamin (en juillet 2012) : « A 8 ans, je voulais déjà raconter des histoires en musique »

Dans le même temps, il reçut au cinéma des chocs décisifs pour son avenir. La révélation de la musique classique, par le biais de Fantasia, le dessin animé de Walt Disney puis la découverte des œuvres de György Ligeti, utilisées dans la bande-son de 2001 : l’Odyssée de l’espace, de Stanley Kubrick. Avec de telles références, on aurait trouvé logique que George Benjamin écrive à son tour de la musique de film. « Jamais », répond cet amateur de cinéma (Kubrick, Tarkovski, Scorsese, Haneke) qui demeure attaché à l’exécution « live » de sa musique. Soit. Pas de production du compositeur pour les salles obscures, lequel a néanmoins accompagné au piano des films muets du temps de ses études à Cambridge.

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