Politique, errante ou solitaire : notre semaine au cinéma

Chaque mercredi dans « La Matinale », les critiques du « Monde » présentent les meilleurs films à découvrir au cinéma.

Publié le 04 février 2020 à 23h05 - Mis à jour le 26 février 2020 à 14h29

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LA LISTE DE LA MATINALE

Au moment où le rythme des sorties (et la fréquentation des salles) marquent une pause, on peut faire quelques détours : du côté d’un étonnant documentaire qui traite des mutations de l’extrême droite à travers le portrait d’un jeune homme sympathique, ou en suivant l’errance d’Alain Chabat, perdu quelque part du côté de Séoul.

  • A ne pas manquer

« La Cravate » : itinéraire d’un enfant du FN

Depuis son émergence, il y a une trentaine d’années, le Front national (FN) embarrasse les cinéastes, entre stigmatisation et engluement. La Cravate est le film qui relance le défi, car il prend la mesure de la nouvelle donne de la respectabilité institutionnelle. Le donner en modèle serait toutefois délicat, tant la démarche est singulière, limite.

Le film suit Bastien Régnier, 20 ans, militant à Beauvais, sympathique, dans son ascension au sein du FN, pendant la campagne présidentielle de 2017. Afin d’éviter la confrontation avec un homme dont ils ne partagent pas les opinions politiques, les réalisateurs inventent un dispositif qui fait lire au protagoniste le récit de sa vie, qu’ils ont écrit, tout en sollicitant ses réactions. Le film décrit ainsi une double spirale qui met en scène l’emprise d’un personnage tout en œuvrant à la possibilité de sa déprise. Une leçon d’humanité et d’espoir. Jacques Mandelbaum

« La Cravate », documentaire français d’Etienne Chaillou et Mathias Théry (1 h 36).

  • A voir

« #Jesuislà » : la Corée désenchantée d’Alain Chabat

Parce qu’il y est question d’un espoir déçu, d’un désenchantement qui ne s’appesantit pas, et parce que son personnage central a les traits et la démarche d’Alain Chabat, #Jesuislà produit un sentiment immédiat d’empathie et d’attachement. Ce qu’il a provoqué d’emblée, il le lui faut ensuite le cultiver durant quatre-vingt-dix-huit minutes. Histoire de ne pas nous perdre en chemin.

Le nouveau long-métrage d’Eric Lartigau, qui ne cherche pas tant à séduire qu’à nous retenir à la parenthèse d’une vie d’un quinquagénaire, y parvient, à quelques moments près. Depuis L’homme qui voulait vivre sa vie, en 2010, le cinéaste semble vouloir s’attacher à ces êtres ordinaires qui soudain décident d’aller au bout d’un rêve. Celui d’aller à la rencontre d’une femme vivant à des milliers de kilomètres de chez lui, en Corée du Sud, pour Stéphane (Alain Chabat), le cuisinier restaurateur de #Jesuislà.

C’est l’une des belles idées du film que de ne pas faire de ce personnage un homme en proie à la déréliction. Le parti pris a la vertu de laisser Chabat imprimer cette énergie enfantine, touchante, dont il a le don. Le scénario d’Eric Lartigau et de Thomas Bidegain a été écrit pour lui. L’acteur l’honore d’une présence aussi fragile que puissante. Véronique Cauhapé

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