Un photographe, un policier et une satire du nazisme… les films de la semaine

Chaque mercredi dans « La Matinale », les critiques du « Monde » présentent les meilleurs films à découvrir au cinéma.

Publié le 29 janvier 2020 à 00h18 - Mis à jour le 29 janvier 2020 à 08h28

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LA LISTE DE LA MATINALE

Cette semaine, on part à la recherche de disparus, un photographe emblématique, une femme follement aimée, et l’on revisite l’histoire sous la forme de la satire ou de l’épopée…

  • A ne pas manquer

« Histoire d’un regard », à la recherche du photographe Gilles Caron

Comment tirer le portrait du portraitiste, lui qui a pour habitude de se dérober derrière ses modèles ? A fortiori, comment le faire en son absence, quand il est mort depuis longtemps ? La documentariste Mariana Otero (Entre nos mains, L’Assemblée) répond avec Histoire d’un regard, son dernier long-métrage, consacré au photographe Gilles Caron (1939-1970), de la plus belle des manières. Elle plonge au cœur de ses œuvres, pour faire d’elles la matière première du film et poursuivre leur trame secrète, où se dessine quelque chose du cheminement et du geste singulier de l’artiste. Photoreporter pour l’agence Gamma, disparu en 1970 au Cambodge à l’âge de 30 ans, Gilles Caron est l’auteur de célèbres photographies de la seconde moitié des années 1960, dont certaines habitent la mémoire collective (comme le sourire narquois du jeune Daniel Cohn-Bendit opposé à un CRS en mai 1968). Mais son nom reste peu identifié du grand public. Durant sa courte période d’activité (1964-1970), Caron est monté au front des conflits et événements les plus significatifs de son temps, du Vietnam au Biafra, de la guerre des Six-Jours à la fin du « printemps de Prague ».

Mariana Otero remonte à ses rouleaux de pellicule numérotés pour observer le travail du journaliste dans son déroulement : les photographies ne sont plus considérées isolément, comme des objets sortis de nulle part, mais resituées dans des séquences de prises de vue qui en révèlent l’avant et l’après. C’est sans doute dans cet angle « analytique » que se situe la part la plus passionnante du film. Une scène d’anthologie révèle les coulisses de la fameuse photographie de Cohn-Bendit : c’est en se déportant audacieusement sur le côté de la scène que Caron trouve le bon angle pour immortaliser l’insolence étudiante de Mai 68. Tout l’art du photographe semble tenir précisément dans cette pratique du pas de côté, susceptible de révéler la scène à elle-même. Mathieu Macheret

Documentaire français de Mariana Otero (1 h 33).

« Un jour si blanc », la colère érigée en art plastique

Après deux longs-métrages, le cinéaste islandais Hlynur Palmason trace son sillon à l’intérieur d’une couleur. Le très beau Winter Brothers (2017) était déjà envahi par le calcaire qui se déposait comme une neige tenace sur le corps burlesque de son héros. Dans Un jour si blanc, une maison se construit au milieu d’un paysage surplombé par une ligne de montagnes : de brefs plans successifs captent, à la manière d’un intervallomètre, les changements des couleurs au gré des saisons, de la nuit et du jour. Nuancier hivernal qui parcourt toutes les possibilités de blanc. On découvre celui qui élève la maison : Ingimundur (Ingvar Eggert Sigurðsson, qui vient de recevoir le prix du meilleur acteur au festival d’Angers), commissaire de police, père, grand-père et veuf, qui érige des murs autour de lui comme on s’enferme dans son deuil.

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