Sélection albums : Roussel et Dukas, Field Music, Pernice Brothers

A écouter cette semaine : les œuvres de deux compositeurs par l’Orchestre national des Pays de la Loire, dix-neuf chansons sur l’après-première guerre mondiale, de la pop teintée de néoromantisme.

Par , et Publié le 10 janvier 2020 à 18h04 - Mis à jour le 13 janvier 2020 à 10h53

Temps de Lecture 2 min.

  • Roussel – Dukas
    Albert Roussel : Le Festin de l’araignée. Paul Dukas : Polyeucte. L’Apprenti sorcier
    Orchestre national des Pays de la Loire, Pascal Rophé (direction)
Pochette de l’album « Roussel – Dukas », par l’Orchestre national des Pays de la Loire, Pascal Rophé (direction).
Pochette de l’album « Roussel – Dukas », par l’Orchestre national des Pays de la Loire, Pascal Rophé (direction). BIS RECORDS/OUTHERE MUSIC

Si Paul Dukas (1865-1935) et Albert Roussel (1869-1937) ont grandi dans l’ombre de Claude Debussy, leur aîné respectivement de trois et sept ans, ils n’ont pas moins contribué au renouvellement de la musique française lors de la période cruciale qui a précédé la première guerre mondiale. En témoignent ici les « tubes » de leur production – le virevoltant Apprenti Sorcier pour l’un et le savoureux Festin de l’Araignée pour l’autre – remarquablement restitués (couleurs, lumières, textures) par l’Orchestre national des Pays de la Loire sous la direction très prenante de Pascal Rophé. Donnée en complément de programme, l’ouverture Polyeucte (pour la tragédie éponyme de Corneille) est une rareté qui, au-delà des fluctuations de style imputables à la jeunesse du compositeur alors âgé de 27 ans, impressionne de bout en bout par un art du geste concentré, dans la dramaturgie comme dans l’orchestration, qui constituera, plus tard, la marque de Paul Dukas. Pierre Gervasoni

1 CD Bis Records/Outhere Music.

  • Field Music
    Making a New World
Pochette de l’album « Making a New World », de Field Music.
Pochette de l’album « Making a New World », de Field Music. MEMPHIS INDUSTRIES/BERTUS

Le New World, le nouveau monde à construire, c’est celui de l’après-première guerre mondiale, sujet traité en dix-neuf chansons par le groupe anglais Field Music dans leur septième album. Soigner les blessés (plusieurs chansons évoquent les travaux chirurgicaux), pleurer les morts. Puis vient le temps de la reconstruction, celui aussi d’actes artistiques, dont l’influence court sur les décennies suivantes. Enregistrés dans les conditions d’un concert, avec peu de retouches en post-production, les thèmes s’enchaînent, formant une sorte de longue chanson d’un seul bloc. On retrouve une inspiration pop et rock qui trouve ses sources autant chez XTC que Talking Heads. Superbement arrangé, en restant assez direct, parfois minimaliste dans son propos, avec des trouvailles sonores dans chaque morceau (guitares, claviers discrets, bruitages, figures rythmiques), Making a New World fait entrer dans l’année 2020 avec enthousiasme. Sylvain Siclier

1 CD Memphis Industries/Bertus.

  • Pernice Brothers
    Spread the Feeling
Pochette de l’album « Spread the Feeling », des Pernice Brothers .
Pochette de l’album « Spread the Feeling », des Pernice Brothers . ASHMONT RECORDS

Voilà un disque paru à l’hiver 2019 passé au travers de nos filets. Spread the Feeling, septième album studio des Pernice Brothers, marque le retour du groupe emmené par l’orfèvre américain Joe Pernice, après un hiatus de neuf ans (en omettant l’album de The New Mendicants en 2014, projet parallèle formé avec Norman Blake de Teenage Fanclub). Depuis le milieu des années 1990, le quinquagénaire Joe Pernice s’évertue à composer un modèle de chanson pop parfaite, établissant un équilibre raffiné entre la pop sixties aristocratique des Zombies (par son chant soyeux et ses arrangements de cordes soignés) et le néoromantisme à guitare d’un Lloyd Cole ou The Smiths. Ces onze nouvelles chansons penchent davantage vers les années 1980 que d’accoutumée : on y décèle même un clin d’œil appuyé à New Order sur le dansant Throw Me To the Lions. Mais l’écriture toujours aussi affûtée et mélodique de Pernice confère à l’ensemble un cachet intemporel, notamment sur Mint Condition (qui nous évoque les Cars) ou encore les irrésistibles refrains de Skinny Jeanne et The Devil and the Jinn. Franck Colombani

1 CD Ashmont Records.

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