Opéra : la Vienne douce-amère de Jonas Kaufmann

Le grand ténor allemand vient de sortir chez Sony Classical un disque consacré à l’opérette viennoise, programme qu’il donnera en récital le 20 janvier 2020 à Paris.

Par Publié le 19 décembre 2019 à 08h00 - Mis à jour le 15 janvier 2020 à 10h50

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Jonas Kaufmann à l’Opéra Bastille, à Paris, le 11 janvier 2017.
Jonas Kaufmann à l’Opéra Bastille, à Paris, le 11 janvier 2017. PATRICK FOUQUE/SCOOP

La grande salle du Konzerthaus de Vienne peine à contenir le public vrombissant venu acclamer la star Jonas Kaufmann. L’effervescence est palpable en ce 14 octobre : le ténor allemand se produit en effet dans un répertoire qui parle au cœur autochtone, celui de l’opérette viennoise dont il vient d’enregistrer pour Sony Classical un album sobrement intitulé Wien. Un hommage aux compositeurs qui célébrèrent la capitale autrichienne, des succès planétaires de Johann Strauss et Franz Lehar aux plus géocentriques Emmerich Kalman et Georg Kreisler, en passant par Robert Stolz, Jaromir Weinberger, Hans May ou Ralph Benatzky.

Lire la critique : Jonas Kaufmann ouvre la saison des Grandes Voix

Le chanteur est accompagné par le PKF Prague Philharmonia sous la baguette de Jochen Rieder. La soirée alternera sans discontinuer pièces symphoniques et airs d’opérette, recueillant à chaque fois son content d’applaudissements. Comme sur le disque, Jonas Kaufmann chante en duo avec sa partenaire magnifique, la soprano Rachel Willis-Sorensen, une stature wagnérienne doublée d’une voix d’airain aux aigus souverains. La jeune femme a chanté Rosalinde en 2018 dans la production télévisée de La Chauve-Souris proposée fin décembre par l’Opéra de Dresde pour les fêtes de fin d’années. A ses côtés, l’Eisenstein de Jonas Kaufmann. Le célèbre « Lippen schweigen » (« Heures exquises ») de La Veuve joyeuse, qui suit le sentimental Vilja Lied (la fameuse « Chanson de Vilja »), est idéalement modelé. L’Américaine a hystérisé la salle que comble la langoureuse déclaration d’amour du Wien, Du Stadt meiner Träume (« Vienne, toi ville de mes rêves ») de Rudolf Sieczynski par Kaufmann.

L’opérette viennoise serait-elle l’apanage des débuts de carrière puis des gloires au sommet ? Devenu l’un des hôtes de marque de la capitale autrichienne depuis le milieu des années 2000, il se produit régulièrement en récital avec piano ou avec orchestre au Konzerthaus, et sur la scène lyrique du Wiener Staatsoper (de 2006 à 2018, La Flûte enchantée, Manon, Werther, Faust, Parsifal, Tosca, Andrea Chénier). Mais Jonas Kaufmann a débuté dans un petit rôle en 1997. C’était au Volksoper, l’opéra populaire. Il était simplement Alfred dans Die Fledermaus (La Chauve-Souris) de Johann Strauss fils. Quatre ans auparavant, en décembre 1993, c’est à Ratisbonne que le jeune chanteur encore inconnu avait incarné 36 fois Caramello, le barbier amoureux d’une marchande de poissons d’Eine Nacht in Venedig (Une nuit à Venise) de Johann Strauss fils.

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