Marina Hands dans la série « Mytho » d’Arte : « Jouer me donne un sentiment d’hypervie »

L’héroïne de la nouvelle production de la chaîne, qui lui a valu un prix d’interprétation féminine au festival Séries Mania, se raconte.

Par Publié le 09 octobre 2019 à 01h50 - Mis à jour le 10 octobre 2019 à 12h55

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Marina Hands et son chien Miki, à Paris, le 23 septembre.
Marina Hands et son chien Miki, à Paris, le 23 septembre. REMY ARTIGES POUR « LE MONDE »

Marina Hands a mille milliards de regrets. « Les gens qui n’en ont pas ont de la chance… J’ai pris plein de mauvaises routes. Mais c’est ainsi, je n’aime pas avoir de contrôle sur les choses. Je suis un peu claustrophobe. Je n’aime pas l’idée d’être destinée, de savoir ce que va être ma vie dans dix ans. Pour cela, j’ai un sens de l’engagement très modéré. Mais je m’offre ce luxe de regretter. »

Lire la critique : Avec « Mytho », bienvenue dans le lotissement des illusions

Regretter quoi ? Son César pour Lady Chatterley (2006), de Pascale Ferran, et d’avoir joué pour Claude Miller, Guillaume Canet ou Pascal Thomas ? Son Molière pour Actrice, de Pascal Rambert, et d’avoir été dirigée par Klaus Michael Grüber, Patrice Chéreau ou Luc Bondy ? Ou son prix d’interprétation féminine au festival Séries Mania pour Mytho, écrite par Anne Berest et Fabrice Gobert (sur Arte, à partir du jeudi 10 octobre), tout en étant cette année sur France 2 (avec Zone blanche, où elle fait une arrivée remarquée en deuxième saison) et sur France 3, dans un épisode de Capitaine Marleau avec Corinne Masiero. Non, bien sûr, son regret, c’est de n’avoir pas eu « les épaules pour la rébellion ». Pas assez tôt, pas assez vite. « D’avoir été une enfant sage, d’avoir voulu être une bonne fille… »

Marina Hands raconte une enfance joyeuse, « crédule et naïve… Mes copines m’appelaient “la poire” »

Elle raconte une enfance joyeuse, « crédule et naïve… Mes copines m’appelaient la poire” ». Sa mère, Ludmila Mikaël, sociétaire de la Comédie-Française, parcourt les scènes. Son père, Terry Hands, longtemps à la tête de la Royal Shakespeare Company, est reparti au Royaume-Uni alors qu’elle n’a qu’un an. C’est sa grand-mère maternelle, accompagnatrice de piano, qui s’occupe d’elle, l’emmène partout, aux spectacles, aux concerts. Il y a toujours de la musique chez elle. Et un mur où la petite est invitée à dessiner. Trois chats dont un sur l’épaule, la grand-mère fume le cigare, ne met pas sa ceinture de sécurité… Atteinte d’Alzheimer, elle est morte dans ses bras il y a une dizaine d’années : « Un cataclysme. »

Lorsqu’elle réfléchit, Marina Hands frotte le bout de son nez. Elle se livre sans manière, cherche l’échange, espère la confiance, même si on sent bien, quelque part tout au fond, un petit coin inatteignable, fermé à double tour. Question de survie.

« Rencontres amoureuses »

« Méchant », le mot est venu tout seul, en parlant de son père, « qui m’a toujours censurée » : lorsqu’elle a voulu faire de la danse, puis du cirque, du théâtre ou devenir cavalière de haut niveau – « Ce n’était jamais assez bien. » Ou encore quand elle a eu quelques velléités de se faire belle et coquette – « Il détestait ça. » En 2009, elle a accepté de jouer sous sa direction Marie Stuart, de Schiller, au Pays de Galles. L’expérience fut un cauchemar. Pendant quatre ans, elle n’a pas pu remonter sur les planches, raconte-t-elle. Depuis, ils s’évitent.

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