Les Diables rouges défient le Printemps de Bourges

La jeune scène belge est l’attraction de la 42e édition du festival berruyer, d’Angèle à Damso, d’Hamza à JeanJass & Caballero.

Par Publié le 21 avril 2018 à 10h48 - Mis à jour le 24 avril 2018 à 06h40

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La chanteuse Angèle, à Paris, en septembre 2017.

Dans une autre vie, Henri était chauffeur de bus. A 82 ans, le voilà chauffeur de salle : « Allez gégèèèèle ! » Quand il ne donne pas de la voix, Henri joue des mains : voyez-le filmant, smartphone en pogne, les prouesses vocales d’Angèle Van Laeken, sa petite-fille, sinon de sang, du moins de cœur. A son bras, sa femme épousée en secondes noces, Cornélie – Nelly pour les intimes ; Angèle, elle, l’appelle « mamie Pilou ». En « septante-neuf ans d’existence », comme elle dit avec son accent made in Molenbeek, l’étalagiste retraitée est restée fidèle à ce quartier populaire de la capitale belge. Alors, si Henri et Cornélie ont bravé, en ce 17 avril, la trentaine de kilomètres qui séparent Bruxelles de Louvain-la-Neuve, une ville universitaire de périphérie, c’est que le jeu en vaut la chandelle : ce soir, c’est soir de premières.

Première fois qu’Angèle présente en Belgique le tour de chant qu’elle donnera, le 26 avril, au palais d’Auron, l’une des scènes principales du Printemps de Bourges. Première fois, surtout, qu’Henri et Cornélie se rendent à un « vrai » spectacle de celle qui, de mémoire de mamie, a toujours chanté, « même quand elle était haute comme trois pommes ». Depuis, la gamine a grandi. Jusqu’à rassembler, du haut de ses 22 ans et sur la foi de deux hits (La Loi de Murphy et Je veux tes yeux), plusieurs centaines d’ados dans une grosse grange incongrue, La Ferme du Biéreau, dont les boiseries jurent avec l’architecture impersonnelle de Louvain-la-Neuve.

De fait, papy et mamie ne sont pas les seuls anciens à se trémousser dans la salle ; Marka et Laurence, alias papa et maman, vibrionnent à leurs côtés. Lui aussi est chanteur ; elle, humoriste. Dans la famille Van Laeken, ne manque que le frérot-rappeur, Roméo Elvis, 25 ans au compteur : « Il est sur la route, d’ailleurs sa tournée passera par La Ferme dans moins d’un mois !, plastronne papa Marka. Quant à moi, j’ai joué ici il y a un an, avec Angèle aux claviers… » Sous ses airs de coq en cuir, le rockeur est un vrai papa poule : un an durant, de bars miteux en petites salles, sa fille s’est fait la main sous sa férule, apprenant les rouages du métier sur le tas, à l’ancienne. En revanche, les deux darons n’ont eu le droit d’assister aux rhapsodies de leur rappeur de fils qu’au bout de deux ans de concerts, il y a deux ans. « Roméo s’est vraiment construit tout seul, élude sœur Angèle. Son enfance fut bien plus conflictuelle que la mienne, mais tout va mieux. »

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