Les mages de MGMT retrouvent leurs pouvoirs

A son meilleur, le duo américain revient avec « Little Dark Age », quatrième album gothique et élégiaque.

Par Publié le 09 février 2018 à 06h33 - Mis à jour le 10 février 2018 à 10h12

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Le duo MGMT : Andrew VanWyngarden (à gauche) et Ben Goldwasser, à Paris, le 29 janvier 2018.

Tout a commencé par une chasse aux fantômes, dans une maison hantée. C’était il y a quinze ans, à Wesleyan, université du Connecticut égarée entre Boston et New York, au nord-est des Etats-Unis. Réputée pour son esprit libéral, cette fac carnavalesque attirait une ribambelle de zigues zarbis. Parmi eux, le duo MGMT – qui se faisait appeler The Management – donnait son premier concert. Alertés par le battage des deux bateleurs, quelques étudiants s’étaient amassés dans un dortoir blafard pour les écouter. Le groupe reprit en boucle la chanson-thème du blockbuster S.O.S. fantômes, une vingtaine de minutes durant, puis se fit la malle.

Nous étions de la même promo, avions quelques copains en commun. Sur le campus, l’information circulait par flyers et bouche-à-oreille, la musique s’échangeait sur CD gravés, les coups de fil s’effectuaient à partir de téléphones fixes ; les suites du 11-Septembre occupaient une conversation sur trois. Pas grand-monde ne misait sur les tours de magie des deux MGMT : trop gauches, trop potaches, même si leur candeur de petits prestidigitateurs psychédéliques inspirait une sympathie immédiate.

Du temps passa, nos anciens camarades devinrent tradeurs, start-upeurs, fromagers, espions. D’aucuns s’engagèrent dans les campagnes de Barack Obama et Hillary Clinton ; d’autres épaulèrent l’artiste situationniste Tino Sehgal, l’actrice Scarlett Johansson ou le rappeur Kanye West ; d’autres encore se lancèrent à corps perdu dans la réalité augmentée. Untel fut sélectionné à Cannes dès son premier film, Mediterranea ; tel autre glana quatre nominations aux Oscars pour le sien, Les Bêtes du Sud sauvage.

Retour au monde

Mais nul ne rencontra autant d’échos que Ben et Andrew, les deux gars de MGMT : en 2007, le succès spectaculaire de leur premier album, Oracular Spectacular, sonna comme une malédiction. Fans déclarés, Paul McCartney et Bruce Springsteen invitèrent le duo à partager leur scène. Leur tripotée de hits bariolés (Kids, Time to Pretend, Electric Feel) illustra aussi bien les retransmissions de l’Euro de football que les meetings électoraux de l’UMP, ce qui valut au défunt parti 30 000 euros d’amendes pour violation du droit d’auteur. Le moghol du hip-hop, Jay-Z, qui leur proposa une collaboration, ne fut pas plus verni : passablement défoncés, les deux bambins l’envoyèrent bouler.

Ben Goldwasser, multi-instrumentiste : « Cette fois, nous voulions nous reconnecter avec les gens, leur proposer de vraies chansons pop, méticuleusement écrites »

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