Prodiges en rafales sur l'île aux femmes

Le festival Musiciennes à Ouessant, jusqu'au 8 août, s'articule autour de deux axes, la féminité et le piano.

Par Publié le 08 août 2013 à 13h29 - Mis à jour le 08 août 2013 à 15h42

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Amy Beach, compositrice et pianiste américaine (1867-1944).

"Faire comme les pianos et prendre le bateau à Brest ou au Conquet (une heure de traversée)." L'ordre de mission ainsi formulé dans le dépliant publicitaire s'adresse aux mélomanes désireux d'assister au festival Musiciennes à Ouessant, qui se déroule jusqu'au 8 août.

Surnommée "l'île aux femmes" pour avoir jadis été habitée par les épouses de marins longtemps absents, Ouessant a vu naître, en 2001, une manifestation portée par la féminité, de l'alpha (création) à l'oméga (interprétation) de l'œuvre musicale. Une compositrice du passé – à la charnière du XIXe et du XXe siècle – détermine le fil rouge de la programmation, et des musiciennes – jeunes, pour la plupart – se produisent dans l'église locale à raison de deux concerts par jour.

Le piano en constitue l'armature. Rien de plus naturel, puisque la fondatrice du festival est la pianiste Lydia Jardon. Avec ses cheveux roux ondulés par un vent de tempête, la grande prêtresse d'Ouessant pourrait passer pour une Sophia Loren relookée en Irlande.

RÉVÉRENCE À BACH ET PASSAGE DE TÉMOIN AVEC BRAHMS

Amy Beach (1867-1944), l'Américaine qu'elle a judicieusement tirée de l'oubli cette année, semble d'ailleurs faire écho à certaines tournures propres au folklore irlandais, entre révérence à Bach et passage de témoin avec Brahms. Lydia Jardon ne défend pas au clavier la première présidente de la Society of American Women Composers, mais elle la présente au public : enfant prodige, artiste encouragée par un mari avisé, pédagogue de pointe, amoureuse de la grande forme... et du piano.

Pendant le festival, Lydia Jardon enseigne dans une académie où, à n'en pas douter, quelques futures vedettes de Musiciennes à Ouessant sont déjà en train de fourbir leurs armes. Toutes les pianistes à l'affiche ne sont évidemment pas ses élèves, mais elles arborent, comme elle, un esprit d'indépendance et une attitude conquérante qui en font des amazones du clavier.

Même lorsqu'elles sont mobilisées à la dernière minute, comme Juliette Regnaud, qui, le 6 août, doit pallier la défection d'une de ses aînées pour interpréter avec Amanda Favier (partenaire idéale) la Sonate pour violon et piano d'Amy Beach, fascinante déclinaison du principe de la reprise thématique.

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