La musique contemporaine brille dans un écrin roman

A Cluny, un festival ouvert à l'expérimentation, D'aujourd'hui à demain (du 7 au 10 juillet).

Par Publié le 10 juillet 2013 à 15h25 - Mis à jour le 10 juillet 2013 à 15h25

Temps de Lecture 1 min.

Article réservé aux abonnés

L'église Saint-Marcel à Cluny.

Grottes, églises, châteaux, tout concourt en Bourgogne du Sud à rappeler l'importance du passé. Organiser un festival de musique contemporaine à Cluny (Saône-et-Loire), berceau de l'art roman, semble à contre-courant. "Nous sommes dans une terre de résistance", soutient Madeleine Roy. La fondatrice, en 2001, de la manifestation consacrée aux compositeurs contemporains évoque le combat de célèbres Gaulois qui "résistent encore et toujours à l'envahisseur". L'ennemi de cette druidesse octogénaire ? La facilité, la paresse intellectuelle.

PALME AU DOYEN

Seul festival consacré en France, pendant l'été, à la musique contemporaine, D'aujourd'hui à demain (du 7 au 10 juillet) s'ingénie à prouver qu'une soirée de musique "moderne" peut fort bien s'inscrire dans une journée de détente. Un jongleur (Jérôme Thomas) était à l'affiche, dimanche 7 juillet, d'un programme rapprochant le violon (Noëmi Schindler) et le cymbalum (Claire Talibart). Fausse bonne idée. A ce moment-là, c'est plutôt le public qui est tenté d'entrer en résistance... Heureusement, une jolie pièce, En Ré-gina, de Bernard Cavanna, conclut le concert dans une perspective ludique et obsessionnelle.

L'orchestre d'harmonie de la Musique de l'air en concert à l'abbaye de Cluny.

Le lendemain, place au Trio K/D/M, qui associe l'accordéon d'Anthony Millet, aussi doué pour les rafales de notes que pour les nuances infinitésimale, et les percussions de Bachar Khalife et de Gilles Durot, qui sait briller y compris avec des couvercles de casserole et des tuyaux d'arrosage.

Des six œuvres retenues pour illustrer la politique de commande propre à K/D/M/, trois émanent de jeunes compositeurs et autant de leurs aînés. Si la Chinoise Bun-Ching Lam se perd dans les méandres d'une sentimentalité kitsch (Comme les nuages), l'Italienne Clara Iannotta (3 sur 5) et l'Argentin Lucas Fagin (Isochronic junk-box) multiplient les effets de timbre avec plus ou moins de succès. François Narboni livre deux beaux travaux d'écriture (Miroir, miroir et The Mosellan Psycho) mais c'est au "doyen" Jean-Pierre Drouet (né en 1935) que revient la palme avec La Matière de l'air, musique véritablement habitée. Dans son cas, c'est l'expérience qui domine et non plus l'expérimentation.

Il vous reste 0% de cet article à lire.

Lecture du Monde en cours sur un autre appareil.

Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois

Ce message s’affichera sur l’autre appareil.

  • Parce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil.

    Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois (ordinateur, téléphone ou tablette).

  • Comment ne plus voir ce message ?

    En cliquant sur «  » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.

  • Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ?

    Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte.

  • Y a-t-il d’autres limites ?

    Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents.

  • Vous ignorez qui est l’autre personne ?

    Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.