Barbara Hannigan magnétise le festival ManiFeste

La soprano canadienne, invitée de l'édition 2013, incarne l'idéal de la vocalité a cappella.

Par Publié le 26 juin 2013 à 10h21 - Mis à jour le 28 juin 2013 à 14h47

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La soprano Barbara Hannigan.

L'essentiel, tout de suite. Telle est la sensation perçue par le public du festival ManiFeste de l'Institut de recherche et coordination acoustique/musique (Ircam), lundi 24 juin, lorsque Barbara Hannigan commence à chanter sur la scène des Bouffes du Nord, à Paris. Bouche fermée, pendant quelques secondes, puis ouverte pour un appel à caractère immémorial, la soprano canadienne incarne d'emblée l'idéal de la vocalité a capella.

Aux aguets, le nez pointé vers le haut, la tête en mouvement de sonde, elle ressemble à une louve qui conduit le rassemblement de la meute tandis que quelques retardataires gagnent leur place au poulailler. Magnétisme, suavité, fulgurance, son interprétation de Djamila Boupacha ouvre sur l'absolu et inscrit cette page de Luigi Nono (1924-1990) dans un parfait équilibre entre instantanéité et éternité. Sans décor autre que celui offert par le flétrissement des murs environnants, sans costume – mais plus habillée que pour certains rôles du répertoire lyrique qu'elle a électrisés – et sans soutien instrumental, Barbara Hannigan donne l'illusion qu'il s'agit là d'un prélude d'opéra, du genre "arte povera".

COULÉES DE LAVE ÉLECTRONIQUE

L'œuvre qu'elle présente ensuite relève également de l'onirisme et de l'opéra. Sans dispositif scénique mais avec électronique faisant fonction de "deus ex machina" et quatuor à cordes en guise d'orchestre chimérique. Operspective Hölderlin, de Philippe Schoeller (né en 1957), nous parvient dans une nouvelle version dont on a peine à croire qu'elle ne dépasse pas les 25 minutes annoncées dans le programme. Etirée dans la lente prospection d'un rêve poétique, la musique prend le risque de se passer de son âme pendant de longs moments en affectant à la chanteuse le statut de spectatrice, sans doute pour souligner le caractère hallucinatoire du propos.

Il arrive, certes, que les séquences sans voix produisent de l'effet, à l'instar de ces coulées de lave électronique qui semblent déborder du fond de scène rougeoyant des Bouffes du Nord. Toutefois, cela ne suffit pas à "tenir" une œuvre fondée sur la vision tétanisée. Difficile de captiver près d'une heure dans le registre hébété !

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