La princesse et les sept nains rajeunis au Botox

A l'Athénée Théâtre Louis-Jouvet à Paris, l'opéra pour enfants "Blanche-Neige" est une réussite.

Par Publié le 22 avril 2013 à 15h01 - Mis à jour le 22 avril 2013 à 15h30

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Deux siècles après la publication du conte par les frères Grimm, Blanche-Neige demeure une source d'inspiration pour les artistes. A preuve, l'opéra de poche présenté à l'Athénée Théâtre Louis-Jouvet, à Paris, jusqu'au vendredi 26 avril. Fidèle au conte célèbre mais développé dans une direction originale, le spectacle est à même de réjouir tous les publics, des presque juniors aux plus que seniors.

Créée à Colmar en décembre 2012, cette production de l'Opéra Studio strasbourgeois constitue l'adaptation française d'un ouvrage lyrique conçu en allemand, en 2011, pour l'Opéra de Cologne.

Les maîtres d'œuvre sont les mêmes. Le compositeur Marius Felix Lange (un Allemand de 45 ans inconnu en France) en a écrit le livret, traduit par le metteur en scène Waut Koeken (un Belge qui s'est notamment formé au contact de Bob Wilson). Difficile de séparer l'un de l'autre. Le jeu des sons, comme celui des images, repose sur un habile détournement des conventions.

DES MIROIRS GUILLOTINES

La partition est vraiment impressionnante. Elle s'ouvre dans le registre "boîte à musique", qui renvoie à Saint-Saëns, et s'engage dans des directions imprévisibles. Toujours suggestive, toujours inventive. Un glissando de harpe vient à point nommé (l'épisode de la forêt) faire frissonner un ensemble instrumental à l'épiderme délicat.

Un tambourin surgit de nulle part pour rythmer la marche des Sept Nains, dans une veine "pseudo-folklo" qui n'a rien à envier au "Eh-oh, eh-oh" du dessin animé de Walt Disney. Le texte, à base d'allitérations percutantes et de rimes souriantes, est lui-même musique et il finit sur une phrase choc (à découvrir sur place) qui va au-delà des calembours ("la Reine des Belles ou la reine débile ?") dont les auteurs sont friands.

LA REINE AUSSI ATTIRANTE ET VÉNÉNEUSE QUE SA POMME

Son mérite principal réside néanmoins dans la réactualisation du propos. La Reine doit subir les assauts de la cosmétique et de la chirurgie plastique avant d'opter pour le miroir qui – bonus – est accompagné d'un personnage en chair et en os. Le décor use de cet accessoire tant pour signifier la mégalomanie du personnage (le plateau de l'Athénée, envahi de glaces de toutes sortes, passe pour une succursale du Musée Grévin) que pour exacerber son caractère nuisible (les miroirs géants aux verres brisés s'élèvent comme des guillotines).

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