Les caresses telluriques de Kaija Saariaho

La compositrice finlandaise, considérée dans le monde entier comme l'une des voix principales de la musique contemporaine, est célébrée à la Cité de la musique à Paris.

Par Publié le 17 avril 2013 à 13h28 - Mis à jour le 17 avril 2013 à 13h56

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La compositrice finlandaise Kaija Saariaho lors de la réprésentation de son opéra

Un espace d'agrément et d'intimité derrière une façade fermée comme un coffre-fort ? C'est ce qui semble proposé, mardi 16 avril, à la centaine de personnes qui voient s'ouvrir la lourde porte de l'ambassade de Finlande, à Paris. Non pas pour visiter les nouveaux locaux, lumineux et raffinés après dix-huit mois de travaux, mais pour écouter la musique de Kaija Saariaho.

Célébrée du 17 au 23 avril à la Cité de la musique, à Paris, sous la forme d'un "domaine privé" (large programmation comportant un ballet, quatre concerts et des films), la compositrice finlandaise (née en 1952) a droit dans les murs de sa représentation diplomatique à un hommage en miniature, une sorte de "jardin secret", pour reprendre le titre de plusieurs pièces de ses débuts.

Avant le concert, elle se livre d'ailleurs à quelques savoureuses révélations lors d'une causerie menée de main de maître par Anssi Karttunen, ami et violoncelliste. Kaija Saariaho dit ainsi avoir découvert avec stupéfaction que de jeunes musiciens connaissaient parfaitement ses oeuvres alors qu'elle croyait n'être bien défendue que par des interprètes de sa génération. Et de s'interroger devant un statut que d'aucuns qualifieraient de classique : "Serais-je devenue une grande dame ?"

Un parcours éclairant

Considérée dans le monde entier comme l'une des voix principales de la musique contemporaine, Kaija Saariaho a effectivement évolué, mais surtout sur le plan du style, comme en témoigne le programme présenté par un groupe d'instrumentistes (américains)... qui pourraient être ses enfants.

Avec six pièces, judicieusement choisies et remarquablement servies, l'International Contemporary Ensemble réalise un parcours éclairant qui s'ouvre avec un solo ancien et s'achève avec un quintette récent. Dans le premier cas, Fall of Maa (extrait du ballet Maa, qui signifie "la terre" en finnois), la harpe souligne l'importance accordée au geste - frénétique, instinctif, à la fois libre et référencé - dans une musique qui se plaît à caresser et à gratter la matière. Dans le second cas, Terrestre (qui associe la flûte à l'oiseau d'un conte aborigène), l'expression se fonde sur la densité et sur le relief des alliages instrumentaux. De la sensualité éthérée de jadis à la vive plasticité d'aujourd'hui, la musique de Kaija Saariaho se reconnaît toutefois au souffle qui l'anime, tour à tour murmure et explosion.

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