Sonia Wieder-Atherton au corps-à-corps avec son violoncelle

Son spectacle "Odyssée" est une expérience musicale qui plonge dans les eaux tumultueuses de Bach comme d'Aperghis, Krawczyk ou Bellini.

Par et Pierre Gervasoni Publié le 01 avril 2013 à 15h27 - Mis à jour le 01 avril 2013 à 15h27

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Du baroque au contemporain, toute interprétation de Sonia Wieder-Atherton s'apparente à une plongée corps et âme dans l'océan de sons captifs qui a pour nom musique. Ses concerts, en solo ou avec orchestre, permettent d'assister à une telle immersion. Et, plus encore, les spectacles que la violoncelliste conçoit depuis une dizaine d'années comme des expéditions au long cours.

Présentée à la Gaîté-Lyrique, à Paris, le 27 mars, après avoir été créée à Aix-en-Provence (Bouches- du-Rhône) et avant de partir en tournée nationale, sa dernière contribution en la matière constitue une puissante expérience de vie musicale. Son titre, Odyssée, laisse entendre que le parcours n'est pas de tout repos, mais Sonia Wieder-Atherton a le violoncelle marin et tient ferme l'archet qui doit lui servir pendant plus d'une heure à barrer sa coque de noix dans l'environnement tumultueux d'une bande-son titanesque.

BIG BANG

La terre - ancestrale, méditerranéenne, hellénique - est figurée sur le plateau par un décor de colonnade en carton. Au premier plan de cette ébauche de temple blanchi se trouve le territoire de l'héroïne odysséenne : une bande de sable noir où vont s'animer treize plages musicales, signées (par des compositeurs allant de Jean-Sébastien Bach à Georges Aperghis) ou non (traditions anonymes d'origine égyptienne, corse et hébraïque).

Les premières étapes (L'Explosion, Avant le son, Le Récit) de l'Odyssée conçue par Sonia Wieder-Atherton relèvent de la lente mise en forme d'après Big Bang. Le jeu de la violoncelliste et l'expression de son être évoquent l'entrée en religion. Prêtresse d'un rituel cosmogonique dans lequel l'instrument (en "live" et sur bande) se mue en voix incantatoire, l'artiste évolue dans le recueillement.

LA GREFFE DÉSESPÉRÉE D'UN MENUET DE JEAN-SÉBASTIEN BACH

Cependant, de coups de tonnerre en bruits aquatiques, ses sources d'énergie se font de plus en plus véhémentes. Le corps-à-corps entre le violoncelle et les éléments enregistrés prend alors le caractère d'une bataille avant de se métamorphoser en danse céleste (Repetitio, de Franck Krawczyk) qui se dédouble de manière hallucinante.

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