« Magdaléniennement » : les trésors éblouissants de Dominique Fourcade

Amoureux des arts, l’écrivain et commissaire d’expositions signe un passionnant et audacieux « essai-poème » pour rendre compte des œuvres qui l’habitent.

Par Publié le 25 juin 2020 à 19h00

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Répétition du « Sacre du printemps », de Pina Bausch, à la Jahrhunderthalle de Bochum (Allemagne), le 15 mai 2003.

« Magdaléniennement », de Dominique Fourcade, P.O.L, 190 p., 21 €, numérique 15 €.

Une splendide « grammaire de l’éblouissement », un acte de foi dans le grand art : tel est cet ouvrage libre et audacieux, qui regroupe vingt-deux textes écrits entre 2011 et 2019. Pour Dominique Fourcade, né en 1938, qui a été commissaire d’importantes expositions (« Henri Matisse » à Paris en 1975 et à Washington en 1986, « Simon Hantaï » au centre Pompidou en 2013), le temps est venu de rassembler tous les registres, tous les thèmes qui courent dans ses vingt-cinq livres : « Une vie aveugle et sourde aux desseins de son écriture mais qui s’y est livrée tout entière. »

Le titre, un adverbe forgé par l’auteur, non sans écho à la madeleine de Proust, renvoie au magdalénien – période préhistorique du paléolithique supérieur – et à l’art pariétal de la grotte de Lascaux, qu’il visita lorsqu’il avait 20 ans. Un passionnant « essai-poème », une méditation sur l’art et sur le temps, « de l’artiste de Pech-Merle à Edgar Degas ». Et de la Vénus de Lespugue à « Madame Cézanne », dont les vingt-six portraits, présentés au Metropolitan Museum of Art de New York en 2014, lui donnent le sentiment de déambuler dans « une exposition d’art cycladique ».

« A la limite de la perte »

Fourcade oppose le moderne à ce qui n’est que contemporain. « Manet, dans Le Déjeuner sur l’herbe, est un étonnant contemporain, tandis que dans Le Fifre il est un stupéfiant moderne. L’un et l’autre tellement à aimer, mais le deuxième est mon sujet. La plus grande expérience esthétique, la trame existentielle de ma vie, disons la plus grande expérience poétique, la fondamentale découverte et éblouissement, aura été la manifestation du moderne. Partout où j’ai cru l’identifier, je l’ai vécu à fond et me suis senti naître. »

Cela ne tient pas à la chronologie : « Il ne faut pas dire “les temps modernes” mais “le temps moderne”, qui est un temps intérieur, une vibration magnifique, à la limite de la perte. » Mais plutôt à l’intensité de certaines œuvres des artistes qu’il admire : peintres et sculpteurs – Rodin –, mais aussi poètes – Hölderlin et Dickinson –, chorégraphes – Pina Bausch et Jerome Robbins –, musiciens – Beethoven de Hammerklavier. « Dans les lignes qui vont suivre il ne sera question que d’archéologie du présent et de savoir comment il peut arriver que l’écho-foudre du présent soit le même que celui du passé, en tout cas du même ordre, dans la taxinomie des échos. »

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