« L’Atelier de Marie-Claire », de Marguerite Audoux : un destin modeste

Le deuxième roman de l’auteure de « Marie-Claire » (prix Femina 1910), reparaît. Suite de ce dernier, il montre le quotidien difficile de la jeune ouvrière dans un atelier de couture parisien de la Belle Epoque.

Par Publié le 12 décembre 2019 à 09h00

Temps de Lecture 2 min.

L’écrivaine Marguerite Audoux (1863-1937).
L’écrivaine Marguerite Audoux (1863-1937). Domaine public

« L’Atelier de Marie-Claire », de Marguerite Audoux, Talents hauts, « Les Plumées », 352 p., 7,90 €. Dès 13 ans.

Dès la lecture des premières phrases couchées par Marguerite Audoux (1863-1937), on arriverait presque à se pencher par-dessus l’épaule de ses personnages, tant elle écrit tout en relief les images, les ambiances et les tempéraments. Une plume simple qui donne corps à des destins modestes : ceux d’orphelines, de besogneuses et d’indigentes que les protagonistes masculins aiment généralement mal.

Réhabiliter des écrivaines oubliées

Née de basse condition, la romancière a été découverte tard (publiée à 47 ans) et écrivait peu, prise avant tout par les tâches ouvrières puis par l’éducation de ses neveux. Une vie chiche, enrichie par la place qu’elle a su se faire dans le cercle littéraire et amical d’André Gide. Des quatre romans qu’elle signa, l’éditeur jeunesse Talents hauts en réédite deux : Marie-Claire, son premier roman et succès, couronné du prix Femina en 1910, et le suivant, L’Atelier de Marie-Claire. Un choix de publication militant : ils figurent dans une collection, inaugurée en février, à destination des adolescents et jeunes adultes, baptisée « Les plumées », où la maison d’édition a entamé un énorme travail pour réhabiliter des écrivaines oubliées, invisibilisées par le patriarcat. Avec un coquet format poche à petit prix pour tenter de convaincre les jeunes lecteurs comme les professeurs de français.

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Marguerite Audoux ouvrait le bal de ces réhabilitations avec une nouvelle parution de Marie-Claire, roman social inspiré de l’enfance de l’écrivaine et qui conte l’histoire d’une orpheline devenue bergère jusqu’à ce qu’une déception amoureuse la force à tenter sa chance à Paris. Aujourd’hui, c’est au tour de la suite supposée de ce premier succès. Supposée car, originellement, l’auteure ne faisait que peu allusion à son chef-d’œuvre dans ce nouveau roman et ne concevait pas celui-ci comme une suite, mais céda face à son éditeur.

La crainte des saisons chômées

L’Atelier de Marie-Claire, écrit en dix ans et dans la douleur, narre la vie parisienne de l’héroïne, à l’âge de 20 ans, dans un atelier de couture. Les chapitres sont autant centrés sur la jeune ouvrière que sur sa patronne, l’affable Mme Dalignac. Dans un quasi-huis clos sis au cœur du quartier Montparnasse, rythmé par les cliquetis des machines à coudre, Marguerite Audoux raconte le destin de femmes à travers leur quotidien : les clientes exigeantes et inconséquentes, la crainte des saisons chômées, la faim et les privations, les relations sentimentales chaotiques et la sororité qui finit par se forger entre toutes.

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