Des livres sur les jardins, les arbres et les plantes, à lire sous la tonnelle cet été

La belle saison est là : c’est le moment d’aller visiter des jardins en Normandie ou en Val de Loire, ou de lire, à l’ombre, paysagistes, écrivains, botanistes ou... jardiniers.

Publié le 01 juillet 2020 à 01h58 - Mis à jour le 01 juillet 2020 à 15h26

  • Le champ d’en face, c’est celui qu’enfant l’architecte paysagiste Laure Quoniam contemplait depuis la maison familiale, près de Barbizon. Son livre raconte avec sensibilité le parcours qui l’a amenée des Beaux-Arts de Paris à l’atelier d’un paysagiste américain, avant un retour dans l’Hexagone suivi de premières expériences professionnelles. Bientôt impliquée dans l’aménagement paysager des abords du pont du Gard, chantier considérable pour une… débutante, elle enchaînera par la suite projets et réalisations, nourris de son regard d’artiste. Autre intervention majeure : la recréation, pour un propriétaire privé, des jardins d’Ancy-le-Franc, dans l’Yonne, dont les parterres reproduisent, à la spectaculaire échelle 100, quatre fleurs des boiseries de la bien nommée « chambre aux fleurs ».

    Laure Quoniam, « Le Champ d’en face », préface de Chantal Colleu-Dumond, Gourcuff Gradenigo, 176 p., 26 €. (A paraître le 15 juillet 2020.)

    Le champ d’en face, c’est celui qu’enfant l’architecte paysagiste Laure Quoniam contemplait depuis la maison familiale, près de Barbizon. Son livre raconte avec sensibilité le parcours qui l’a amenée des Beaux-Arts de Paris à l’atelier d’un paysagiste américain, avant un retour dans l’Hexagone suivi de premières expériences professionnelles. Bientôt impliquée dans l’aménagement paysager des abords du pont du Gard, chantier considérable pour une… débutante, elle enchaînera par la suite projets et réalisations, nourris de son regard d’artiste. Autre intervention majeure : la recréation, pour un propriétaire privé, des jardins d’Ancy-le-Franc, dans l’Yonne, dont les parterres reproduisent, à la spectaculaire échelle 100, quatre fleurs des boiseries de la bien nommée « chambre aux fleurs ». GOURCUFF GRADENIGO

  • La Mission Val de Loire, qui mène des actions de médiation et de communication à haute valeur ajoutée, est à l’initiative de la conception de cet ouvrage. Les jardins qu’il décrit, inscrits dans un large espace qui relie Orléans à Angers, incluant une petite partie de la Sarthe, sont les écrins des châteaux de Chambord, de Blois ou de Chenonceau, mais sont aussi des arboretums ou des jardins botaniques. Qu’ils soient publics ou privés, leurs propriétaires ou leurs gestionnaires s’emploient à entretenir un patrimoine historique, végétal et esthétique qui a connu son apogée à la Renaissance. Préservé et valorisé, il constitue aujourd’hui, autour et au bord de la Loire, un ensemble culturel et paysager exceptionnel.

    Rémi Deleplancque et Bruno Marmiroli, « Jardins et Val de Loire », Actes Sud/Mission Val de Loire, 192 p., 29 €.

    La Mission Val de Loire, qui mène des actions de médiation et de communication à haute valeur ajoutée, est à l’initiative de la conception de cet ouvrage. Les jardins qu’il décrit, inscrits dans un large espace qui relie Orléans à Angers, incluant une petite partie de la Sarthe, sont les écrins des châteaux de Chambord, de Blois ou de Chenonceau, mais sont aussi des arboretums ou des jardins botaniques. Qu’ils soient publics ou privés, leurs propriétaires ou leurs gestionnaires s’emploient à entretenir un patrimoine historique, végétal et esthétique qui a connu son apogée à la Renaissance. Préservé et valorisé, il constitue aujourd’hui, autour et au bord de la Loire, un ensemble culturel et paysager exceptionnel. ACTES SUD/MISSION VAL DE LOIRE

  • L’Institut européen des jardins et paysages, animé par Didier Wirth et qu’héberge en Normandie le château de Bénouville, a organisé à Caen, en mai 2019, un colloque consacré aux rapports noués entre les écrivains et leur jardin. Victor Hugo, Maupassant, Flaubert, Corneille ou André Gide se sont ainsi ancrés dans leur propriété de cette Normandie maritime et terrienne qui les a souvent inspirés. Quand Chateaubriand, Zola, Edmond Rostand ou Goethe faisaient escale à la Vallée aux Loups, à Médan, à Arnaga ou à Weimar. Les différentes contributions réunies ici redonnent chair à ces personnalités exceptionnelles, avant que soit abordée la place du jardin dans la littérature, place qui fut majeure dans l’œuvre de George Sand ou dans celle de Colette.

    « Colloque Jardin et littérature », sous la direction de Bénédicte Duthion et Marco Martella, préface de Cristina Castel-Branco, Région Normandie et Institut européen des jardins et paysages, Editions des Falaises, 304 p., 24 €.

    L’Institut européen des jardins et paysages, animé par Didier Wirth et qu’héberge en Normandie le château de Bénouville, a organisé à Caen, en mai 2019, un colloque consacré aux rapports noués entre les écrivains et leur jardin. Victor Hugo, Maupassant, Flaubert, Corneille ou André Gide se sont ainsi ancrés dans leur propriété de cette Normandie maritime et terrienne qui les a souvent inspirés. Quand Chateaubriand, Zola, Edmond Rostand ou Goethe faisaient escale à la Vallée aux Loups, à Médan, à Arnaga ou à Weimar. Les différentes contributions réunies ici redonnent chair à ces personnalités exceptionnelles, avant que soit abordée la place du jardin dans la littérature, place qui fut majeure dans l’œuvre de George Sand ou dans celle de Colette. ÉDITIONS DES FALAISES

  • Auteur d’un « Dictionnaire de pomologie » en quatre volumes qui fait encore référence, André Leroy (1801-1875) a marqué de son empreinte les paysages des parcs que l’on peut voir encore aujourd’hui en Anjou. Cette courte et élégante monographie due à l’historienne des jardins Isabelle Levêque lui redonne une place de premier plan au côté des grands botanistes, paysagistes ou pépiniéristes du XIXe siècle. Obtenteur et exportateur de plantes à une large échelle (sa pépinière sera un temps la plus grande d’Europe), il sera également un observateur botanique et un créateur de nombreux parcs et jardins. Souvent associé à un autre paysagiste de renom, le comte de Choulot, on lui doit l’introduction de grands spécimens et des compositions inspirées des paysages anglais.

    « André Leroy, gloire de l’horticulture et des jardins », Editions 303/Carnets d’Anjou, 96 p., 10 €.

    Auteur d’un « Dictionnaire de pomologie » en quatre volumes qui fait encore référence, André Leroy (1801-1875) a marqué de son empreinte les paysages des parcs que l’on peut voir encore aujourd’hui en Anjou. Cette courte et élégante monographie due à l’historienne des jardins Isabelle Levêque lui redonne une place de premier plan au côté des grands botanistes, paysagistes ou pépiniéristes du XIXe siècle. Obtenteur et exportateur de plantes à une large échelle (sa pépinière sera un temps la plus grande d’Europe), il sera également un observateur botanique et un créateur de nombreux parcs et jardins. Souvent associé à un autre paysagiste de renom, le comte de Choulot, on lui doit l’introduction de grands spécimens et des compositions inspirées des paysages anglais. ÉDITIONS 303

  • Bien connu du public grâce à ses chroniques de télévision ou de radio, Alain Baraton exerce la profession enviée de jardinier en chef de Trianon et du Grand Parc du château de Versailles. Il a à son actif plusieurs ouvrages où il a décliné son amour des jardins et sa passion pour l’Histoire (la grande comme... les petites). Dans ce recueil, il explore de manière subjective « ses » jardins de Paris, prenant un plaisir gourmand à raconter des anecdotes sur un lieu, à évoquer l’origine d’une dénomination ou à peindre la vie réelle ou romancée d’une personnalité, sans omettre de courts inventaires botaniques. Mais il sait aussi prendre un ton plus grave pour rappeler les rafles d’enfants juifs par la police de Vichy ou les exécutions de communards... dans le jardin du Luxembourg.

    Alain Baraton, « Mes jardins de Paris », Grasset, 368 p., 22 €.

    Bien connu du public grâce à ses chroniques de télévision ou de radio, Alain Baraton exerce la profession enviée de jardinier en chef de Trianon et du Grand Parc du château de Versailles. Il a à son actif plusieurs ouvrages où il a décliné son amour des jardins et sa passion pour l’Histoire (la grande comme... les petites). Dans ce recueil, il explore de manière subjective « ses » jardins de Paris, prenant un plaisir gourmand à raconter des anecdotes sur un lieu, à évoquer l’origine d’une dénomination ou à peindre la vie réelle ou romancée d’une personnalité, sans omettre de courts inventaires botaniques. Mais il sait aussi prendre un ton plus grave pour rappeler les rafles d’enfants juifs par la police de Vichy ou les exécutions de communards... dans le jardin du Luxembourg. GRASSET

  • Conçu par le service de l’inventaire du patrimoine de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, cet ouvrage fait la part belle aux hôtels, villas et autres casinos de l’âge d’or de la cité mentonaise, rattachée à la France en 1861. Jouissant d’un climat particulièrement clément, Menton, jusque-là connue pour ses citrons et son huile d’olive, accueillit au tournant du siècle, grâce au chemin de fer, une riche clientèle cosmopolite qui voulut doter ses résidences de jardins d’ornement. Ce sont les Anglais qui en ont lancé la mode, mélant « mixed-borders » et Orient rêvé grâce à l’acclimatation de plantes exotiques. De ce patrimoine, il reste quelques lieux exceptionnels que l’on peut entrevoir, privé, comme la villa Les Colombières, ou public, comme le jardin Serre de la Madone.

    "Menton, villégiatures sur la Riviera", Editions Lieux Dits, 128 p., 23 €.

    Conçu par le service de l’inventaire du patrimoine de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, cet ouvrage fait la part belle aux hôtels, villas et autres casinos de l’âge d’or de la cité mentonaise, rattachée à la France en 1861. Jouissant d’un climat particulièrement clément, Menton, jusque-là connue pour ses citrons et son huile d’olive, accueillit au tournant du siècle, grâce au chemin de fer, une riche clientèle cosmopolite qui voulut doter ses résidences de jardins d’ornement. Ce sont les Anglais qui en ont lancé la mode, mélant « mixed-borders » et Orient rêvé grâce à l’acclimatation de plantes exotiques. De ce patrimoine, il reste quelques lieux exceptionnels que l’on peut entrevoir, privé, comme la villa Les Colombières, ou public, comme le jardin Serre de la Madone. ÉDITIONS LIEUX DITS

  • Journaliste et écrivain, Jean-Marie Boëlle connaît bien les jardins normands : on lui doit un précédent « Normandie : jardins d’émotions » (chez le même éditeur), qui emmenait le lecteur à la découverte de trente-cinq jardins privés ou méconnus, superbement photographiés. Ici le propos se veut plus exhaustif et prend la forme d’un guide qui présente (presque) tous les parcs et jardins ouverts (ou entrouverts) à la visite des cinq départements de cette région à la météorologie… aussi variée que changeante. Du jardin Plume, avec ses graminées poétiques, en Seine-Maritime, au jardin botanique de Vauville, dans la Manche, en passant par le jardin classique de Brécy, dans le Calvados, ces cent « clés » nous ouvrent autant de portes sur l’art des jardins.

    Jean-Baptiste Boëlle, "100 clés des parcs et jardins de Normandie", Editions des Falaises, 128 p., 14,50 €.

    Journaliste et écrivain, Jean-Marie Boëlle connaît bien les jardins normands : on lui doit un précédent « Normandie : jardins d’émotions » (chez le même éditeur), qui emmenait le lecteur à la découverte de trente-cinq jardins privés ou méconnus, superbement photographiés. Ici le propos se veut plus exhaustif et prend la forme d’un guide qui présente (presque) tous les parcs et jardins ouverts (ou entrouverts) à la visite des cinq départements de cette région à la météorologie… aussi variée que changeante. Du jardin Plume, avec ses graminées poétiques, en Seine-Maritime, au jardin botanique de Vauville, dans la Manche, en passant par le jardin classique de Brécy, dans le Calvados, ces cent « clés » nous ouvrent autant de portes sur l’art des jardins. ÉDITIONS DES FALAISES

  • Cette nouvelle édition de « L’Urbanisme végétal », publié en 2010, fait le tour de la question de la présence de l’arbre en ville. Cette présence – dont il n’est plus à démontrer qu’elle est indispensable au bien-être psychique et physique des citadins –  se heurte aux contraintes, aux obstacles ou aux choix (essences, taille des sujets à la plantation...) parfois contestables des gestionnaires, des aménageurs, voire des paysagistes eux-mêmes. Quand ne  s’y rajoute pas un défaut d’entretien, voire – et c’est souvent pire – un excès. L’auteure, qui a eu la responsabilité d’un programme de protection et de réhabilitation de l’arbre d’ornement, dresse un état des lieux exhaustif, illustré par de nombreux exemples éclairants.

    Caroline Mollie, « Des arbres dans la ville. L’urbanisme végétal », Actes Sud/Cité verte, 256 p., 36 €.

    Cette nouvelle édition de « L’Urbanisme végétal », publié en 2010, fait le tour de la question de la présence de l’arbre en ville. Cette présence – dont il n’est plus à démontrer qu’elle est indispensable au bien-être psychique et physique des citadins –  se heurte aux contraintes, aux obstacles ou aux choix (essences, taille des sujets à la plantation...) parfois contestables des gestionnaires, des aménageurs, voire des paysagistes eux-mêmes. Quand ne  s’y rajoute pas un défaut d’entretien, voire – et c’est souvent pire – un excès. L’auteure, qui a eu la responsabilité d’un programme de protection et de réhabilitation de l’arbre d’ornement, dresse un état des lieux exhaustif, illustré par de nombreux exemples éclairants. ACTES SUD/CITÉ VERTE

  • Le catalogue de l’exposition homonyme du château de La Roche-Guyon, dans le Val-d’Oise (prolongée jusqu’au 30 août 2020), aborde l’histoire des plantes sous l’angle des relations que les hommes ont nouées avec elles. Son commissaire, Yves-Marie Allain, ancien directeur des cultures du Muséum national d’histoire naturelle, y a mis en scène, sous la forme d’un cabinet de curiosités, le vaste sujet qui relie la paléobotanique à la biologie moléculaire. D’émouvants fossiles de fleurs, des poires moulés en plâtre ou d’antiques bocaux pharmaceutiques font, dans l’ouvrage, l’objet de commentaires de spécialistes aussi passionnants qu’érudits. Des photographies de graines, quant à elles, mettent en valeur l’incroyable beauté du vivant.

    "Aventures végétales. De l'insouciance à la liberté encadrée", Editions de l'Œil, "La Bibliothèque fantôme", 224 p., 30 €.

    Le catalogue de l’exposition homonyme du château de La Roche-Guyon, dans le Val-d’Oise (prolongée jusqu’au 30 août 2020), aborde l’histoire des plantes sous l’angle des relations que les hommes ont nouées avec elles. Son commissaire, Yves-Marie Allain, ancien directeur des cultures du Muséum national d’histoire naturelle, y a mis en scène, sous la forme d’un cabinet de curiosités, le vaste sujet qui relie la paléobotanique à la biologie moléculaire. D’émouvants fossiles de fleurs, des poires moulés en plâtre ou d’antiques bocaux pharmaceutiques font, dans l’ouvrage, l’objet de commentaires de spécialistes aussi passionnants qu’érudits. Des photographies de graines, quant à elles, mettent en valeur l’incroyable beauté du vivant. ÉDITIONS DE L'ŒIL

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Dans cette sélection estivale, après un printemps... sans sève et sans chlorophylle, il est question d’une paysagiste au pont du Gard, des jardins en Val de Loire, des écrivains Chateaubriand et Maupassant, des pépinières de l’Anjou, des coups de cœur du plus médiatique des jardiniers, des villégiatures de la Riviera, des parcs et jardins normands, des arbres en ville – et des plantes et des hommes.

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