Les 30 ans du Domaine du Rayol, le bel âge

Le Jardin des Méditerranées a été conçu au Rayol, dans le Var, par le paysagiste Gilles Clément lors de l’acquisition du domaine, en 1989, par le Conservatoire du littoral.

Par Publié le 07 décembre 2019 à 20h17 - Mis à jour le 21 janvier 2020 à 15h06

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A l’occasion des 30 ans du domaine varois du Rayol, le paysagiste Gilles Clément présentera l’ouvrage coécrit avec Jean-Philippe Grillet, Le Domaine du Rayol - Oser les Méditerranées, à bord de la péniche-librairie « L’Eau et les Rêves », dimanche 8 décembre, à 16 heures. Amarrée face au 9, quai de l’Oise, sur le canal menant à La Villette, cette péniche abrite un café et une librairie botanique, la dernière à Paris après la fermeture de « Jardins en art », près de l’Odéon. Cet anniversaire est l’occasion de revenir sur l’aventure vertueuse de la création du Domaine du Rayol sur des terrains littoraux qui furent hautement convoités par la spéculation immobilière.

ACTES SUD

A l’origine, il y a le jardin d’une de ces propriétés de la Côte d’Azur somptueusement aménagées au début du XXe siècle au milieu des pins et des chênes-lièges. Dans les années 1940, les nouveaux propriétaires, les Potez, dont la fortune provient de l’industrie aéronautique, procèdent à des transformations importantes des bâtiments existants, l’hôtel de la Mer et le Rayollet. Henry Potez, ingénieur de formation, fait redessiner les jardins selon des plans très géométriques, influencés par le modernisme des années 1930. C’est dans les années 1970, après son acquisition par un nouveau propriétaire, qu’un projet immobilier verra le jour, avant qu’il ne s’enlise dans les recours de ses opposants, et le rachat par le Conservatoire du littoral.

L’hôtel de la Mer, au cœur du Domaine du Rayol.
L’hôtel de la Mer, au cœur du Domaine du Rayol. WIKIMEDIA COMMONS

Le projet est alors d’en faire tout simplement « l’un des plus beaux [parcs] de France », comme titrera Le Journal du Var. Et pour ce faire ce projet est confié par Jean-Philippe Grillet, directeur régional du conservatoire, au paysagiste Gilles Clément, déjà retenu pour une partie des aménagements du parc André-Citroën, à Paris. D’emblée ceux-ci conviennent que le jardin doit se découvrir « au rythme des pas des visiteurs », afin de ménager les effets de surprise. Et que la Méditerranée doit en être le fil conducteur – des « Méditerranées », plutôt, qui, de la Californie à l’Afrique du Sud, du Chili à la Nouvelle-Zélande, possèdent un même type de végétation. Occasion également d’évaluer le comportement « des êtres vivants en les rassemblant en un lieu unique, [afin d’]anticiper sur l’inévitable brassage planétaire » (Gilles Clément).

Dans un des jardins du Domaine du Rayol.
Dans un des jardins du Domaine du Rayol. DOMAINE DU RAYOL/CHLOÉ ARREGOCES

Les aménagements existants – allées, escaliers, terrasses ou pergola – et les vestiges du jardin exotique des anciens propriétaires ont été ainsi agrémentés de nouvelles plantations elles aussi exotiques, qui, disséminées ou rassemblées sur différents espaces, constituent autant de « paysages » particuliers. Le Jardin d’Amérique aride précède un Jardin méditerranéen, auquel succède le Jardin d’Asie subtropicale. La végétation du Jardin méditerranéen provient de Grèce (pin parasol, arbousier, cyprès...), d’Afrique du Nord et d’Espagne (laurier-rose, palmier-dattier...) ou du bord de mer (barbe-de-jupiter, euphorbe arborescente...). Le visiteur découvre, au fil de sa déambulation, ces vastes compositions paysagères que ne séparent aucune barrière, mais des lisières, des séparations elles-mêmes végétales.

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