Cinéma : Carlo Verdone, l’envers du « cinepanettone »

Découvert par Sergio Leone, l’acteur et réalisateur se distingue des comédies italiennes graveleuses à grosses ficelles.

Par Publié le 04 janvier 2019 à 06h36 - Mis à jour le 04 janvier 2019 à 18h37

Temps de Lecture 18 min.

Article réservé aux abonnés

Carlo Verdone, sur la terrasse de la maison familiale, à Rome, en février 1982.

Les Italiens ont-ils les yeux aussi gros que le ventre ? Lors des fêtes de fin ­d’année, en tout cas, leurs préférences cinématographiques épousent, au gramme près, leurs choix culinaires. Ainsi du ­ « cinepanettone », un sous-genre de comédies grassement graveleuses, aussi mastoc et saisonnier que le dessert lombard auquel il doit son nom. Imaginez des ­Bronzés qui, depuis 1983, remonteraient sans cesse le même ­tire-fesses, avec des ficelles ­toujours plus épaisses. Lassant ? Pas tant que ça, selon les Transalpins, qui se bâfrent cet hiver non d’un, mais de deux « cinepanettoni » : Amici come prima, qui scelle les retrouvailles de Christian De Sica et Massimo Boldi, acteurs fétiches de la franchise ; et Natale a cinque stelle, de Marco Risi, qui marque l’arrivée du genre sur Netflix, tout en administrant d’« hénaurmes » œillades à la situation politique du pays – le film suit les tribulations d’un premier ministre Cinq étoiles, qui s’amourache d’une députée Parti démocrate, brutalisée par un mari Lega.

De fait, si les « cinepanettoni » peinent à l’export, leurs créateurs n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes. A l’ineptie de leurs intrigues, notamment, écrites avec un rouleau à pâtisserie en guise de stylo. Dans ses ­bureaux romains, tapissés d’une forêt de livres – qui restent pour une large part, suspecte-t-on, à défricher –, le scénariste de Natale a cinque stelle, Enrico Vanzina, se défausse sur d’autres coupables.

« Nos comédies sont plutôt bonnes, martèle le sexagénaire qui, au côté de son frère Carlo Vanzina, a cosigné une palanquée de « cinepanettoni ». Mais nous devons composer avec des seconds couteaux. Contrairement à l’âge d’or de la comédie italienne, quand Sordi, Gassman ou ­Mastroianni collaboraient avec Risi, Scola ou Fellini, les meilleurs acteurs de notre génération n’ont tourné, peu ou prou, que dans leurs propres films : voyez Roberto Benigni, Nanni Moretti ou Carlo Verdone ! »

En Italie, sa dernière réalisation, « Benedetta follia », sortie en janvier 2018, cumule plus de 8,5 millions d’euros de recettes

Depuis le fiasco de son ­Pinocchio, en 2002, les plaisanteries du baladin florentin Benigni font grincer bien des dents. Jugées trop moralisatrices, intellos ou égotistes, les colères de ­Moretti suscitent plus d’ire que de rires. En revanche, ni l’âge ni les modes n’ont raison du troisième larron, dont la cote d’amour reste intacte dans la Botte : à 68 ans, Verdone cartonne encore. Sa dernière réalisation, Benedetta follia, sortie en janvier 2018, cumule plus de 8,5 millions d’euros de recettes, soit plus du double que d’autres cadors du box-office, tels Paolo Sorrentino et Matteo Garrone.

Il vous reste 70.66% de cet article à lire.

Lecture du Monde en cours sur un autre appareil.

Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois

Ce message s’affichera sur l’autre appareil.

  • Parce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil.

    Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois (ordinateur, téléphone ou tablette).

  • Comment ne plus voir ce message ?

    En cliquant sur «  » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.

  • Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ?

    Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte.

  • Y a-t-il d’autres limites ?

    Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents.

  • Vous ignorez qui est l’autre personne ?

    Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.