Christian Bale, l’acteur-éponge

Le comédien britannique, à l’affiche du western « Hostiles », s’imprègne de chacun de ses rôles, jusqu’à plus soif.

Par Publié le 13 mars 2018 à 06h30 - Mis à jour le 19 mars 2018 à 12h29

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Christian Bale dans « Hostiles », réalisé par Scott Cooper.

C’est un hôtel anonyme, comme Los Angeles en compte tant. A un détail près : la suite dans laquelle Christian Bale reçoit est équipée d’une kitchenette. « Je vous sers quelque chose ? », propose l’acteur, qui mitonne la promotion du western Hostiles, de Scott Cooper, sur les écrans français le 14 mars. A le voir décapsuler sans effort sa bouteille d’eau pétillante, tout en farfouillant effrontément du côté de l’évier, on se dit que, si Hollywood était un appartement, le Britannique aurait du mal à quitter la cuisine.

Pas seulement parce qu’il est capable d’envoyer valdinguer la vaisselle à la moindre contrariété – en 2009, son courroux à l’encontre du chef opérateur de Terminator Renaissance, qui eut l’outrecuidance de le déconcentrer en pleine prise, a fait le tour du Web. Ni parce qu’il a tourné dans Out of the Furnace (2013) et Knight of Cups (2015), qu’un traducteur littéral franciserait en « loin des fourneaux » et « seigneur des tasses ».

Non, la raison pour laquelle Christian Bale appelle si puissamment l’imaginaire ménager est à chercher ailleurs : cet homme est une éponge, qui s’imbibe de chaque rôle jusqu’à plus soif, changeant de volume au gré des personnages dont il se gorge et se dégorge. En ce début du mois de mars, sa bouille bouffie témoigne de sa dernière tambouille en date : il sort du tournage d’un biopic de Dick Cheney, vice-président des Etats-Unis de 2001 à 2009, réalisé par le trublion Adam McKay.

« Personne n’a envie de faire tout le temps la même chose »

Lui qui avait perdu plus de 20 kg pour The Machinist (2005) et Fighter (2010), et en avait gagné autant pour American Bluff (2013), a cette fois refusé de jeter un œil sur la balance : « Maigrir, grossir, ce n’est pas du courage, juste de la curiosité, explicite le comédien rouquin, avec bonhomie. Personne n’a envie de faire tout le temps la même chose, non ? Quand je grossis pour un film, je me sens bien. Ce n’est qu’après le clap de fin que ma mauvaise conscience me chuchote : “Merde, il va falloir perdre tout ce poids – encore une fois !” »

La spongiculture, telle qu’il la pratique, ne se borne pas qu’à l’estomac : ce sont tous les organes qui s’imprègnent du rôle, cervelle et cœur compris. « Finalement, je n’ai pas pu rencontrer le vrai Dick Cheney, mais je me suis préparé trois mois durant à cette éventualité, précise-t-il, prodigieusement spongieux. Je me suis gavé de chiffres et de données : les noms de ses chiens, ses plats préférés, ses décisions marquantes… C’est une question d’honneur : après un film, je veux être en mesure de regarder en face l’homme dont je me suis inspiré, quels que soient nos désaccords. »

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