« Mon fils » : le grand écart identitaire d'Iyad, Arabe et Israélien

A travers les déchirements d'un jeune lycéen, Eran Riklis aborde une nouvelle fois le conflit au Proche-Orient.

Par Publié le 03 février 2015 à 19h04 - Mis à jour le 19 août 2019 à 13h33

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Tawfeek Barhom dans le rôle d'Iyad dans

L’avis du « Monde » : à ne pas manquer

Trop de violence, trop de haine : début juillet 2014, l’écrivain et journaliste Sayed Kashua annonçait dans le journal Haaretz qu’avec sa femme et ses trois enfants il quittait Israël pour aller vivre et enseigner dans l’Illinois, aux Etats-Unis. Ecrivain et journaliste arabe israélien, il adressait un salut tendre et désespéré à ses amis juifs restés en Israël, parmi lesquels l’écrivain Etgar Keret.

Trois mois plus tard, « Le Monde des livres » publiait des extraits de la correspondance échangée entre les deux amis. « Me croiras-tu, Etgar, si je te dis que ce qui arrive à ce pays [Israël] me tient encore à cœur ? écrivait Kashua. Je me suis obstinément considéré comme un citoyen de ce pays, un citoyen qui n’en a pas d’autre. Je voudrais qu’il y fasse bon vivre pour mes enfants, des enfants arabes, au même titre que pour les enfants juifs, dont le bien-être m’importe tout autant. »

Avant de quitter Israël, Sayed Kashua avait écrit un scénario inspiré de deux de ses romans : Les Arabes dansent aussi et La Deuxième Personne. De ce travail, un film est né, Mon fils, réalisé par Eran Riklis, cinéaste israélien à qui l’on doit, entre autres films, le magnifique Les Citronniers.

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Mon fils débute en 1982, au moment de la guerre du Liban. A la télé, des manifestants crient « Begin, Sharon, stop the war ! ». « Que Dieu protège Arafat ! », clame pour sa part Salah, le père d’un garçon prénommé Iyad. Comme 20 % des Israéliens, Iyad et sa famille sont arabes. Des Arabes israéliens vivant dans une ville arabe israélienne. A l’école où se rend Iyad, on chante l’hymne israélien. Mais quand on lui demande la profession de son père, au lieu de répondre « cueilleur de fruits », il répond fièrement : « Terroriste ! »

Une intégration difficile

Ne surtout pas croire qu’Iyad est un illuminé. Très bon élève, voilà même qu’on lui propose – on est alors en 1988 – d’intégrer le lycée israélien de sciences et techniques. « La meilleure école du pays ! », clame fièrement son père. Le jour de la rentrée, les voilà partis tous les deux pour Jérusalem. Le cœur gros d’avoir abandonné sa famille, Iyad est accueilli par la charmante directrice du lycée. Très vite, il se rend compte qu’il est le seul élève arabe. Bien que parlant couramment hébreu, son intégration sera d’autant plus difficile qu’il est affublé d’un léger trouble de l’élocution.

Moqué, ostracisé par une partie de ses camarades, Iyad trouve deux âmes sœurs : la belle et généreuse Naomi, dont il ne tarde pas à tomber amoureux ; et Yonathan, un garçon atteint d’une grave maladie dégénérative et dont il décide de s’occuper.

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