Aurélie Jean, chercheuse : « J’ai réussi à dépasser le syndrome de l’imposteur »

« J’avais 20 ans » : « Le Monde » interroge une personnalité sur ses années d’études et son passage à l’âge adulte. Aurélie Jean, 37 ans, chercheuse et entrepreneuse spécialiste des algorithmes, revient sur ses choix d’orientation.

Propos recueillis par Publié le 13 mai 2020 à 15h00 - Mis à jour le 15 mai 2020 à 19h41

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Aurelie Jean, docteur en sciences, entrepreneuse.
Aurelie Jean, docteur en sciences, entrepreneuse. Bruno DELESSARD/Challenges-REA

Confinée à Paris, Aurélie Jean décroche son téléphone entre deux réunions avec ses équipes. Docteure en sciences et spécialiste des algorithmes, passée entre autres par Sorbonne Université, l’Ecole normale supérieure de Cachan, l’Ecole des mines de Paris et le Massachusetts Institute of Technology (MIT), Aurélie Jean, 37 ans, est aussi ancienne développeuse informatique au sein du groupe financier Bloomberg, à New York, mentor à la NASA et entrepreneuse.

Spécialisée dans la modélisation numérique, elle a été classée par le magazine Forbes parmi « les 40 Françaises qui comptent en 2019 ». Son débit rapide, confiant, sa voix chaleureuse : Aurélie Jean semble n’avoir peur de rien, sauf de ses biais cognitifs et algorithmiques qu’elle décrit dans son dernier livre, De l’autre côté de la Machine (L’Observatoire, 149 pages, 18 euros). Celle qui vit habituellement entre Los Angeles et Paris revient sur ses choix d’orientation, ses études, et sur le fait d’être une femme dans un secteur très masculin.

Votre milieu social a-t-il eu un rôle dans l’éveil de votre curiosité scientifique ?

J’ai été élevée par mes grands-parents, et j’ai reçu une belle éducation libérale, associée à des valeurs traditionnelles. Mon grand-père était cadre administratif au Commissariat à l’énergie atomique et ma grand-mère était femme de ménage. J’ai grandi à Clamart (Hauts-de-Seine), dans un milieu de classe sociale moyenne, dans une cité HLM.

Mes grands-parents ont joué un rôle fondamental pour la personne que je suis devenue. Dès la petite enfance, ils ont développé chez moi une grande curiosité. Ils m’encourageaient à me questionner sur le monde qui nous entoure : pourquoi le ciel est bleu ? Quels sont les mécanismes des marées ? Pourquoi l’eau bout ? D’une certaine façon, ils m’ont initiée à la méthode scientifique, qui s’articule autour de l’observation, de l’expérimentation, du raisonnement logique et de l’usage de la théorie pour adresser une question.

Quelle élève étiez-vous ?

J’ai toujours été une bonne élève. Je travaillais bien car je savais que c’était la bonne chose à faire. Il fallait faire plaisir à mes professeurs et à mes grands-parents. Je m’ennuyais un peu, mais je savais que c’était important. J’ai sûrement développé le syndrome de la bonne élève au cours de ces années d’école où je faisais tout pour « bien faire ». Mais l’école a eu un rôle déterminant dans ma vie, car elle m’a permis de grandir, de m’émanciper socialement et économiquement.

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