Emilie Simon : « Je me suis inscrite en fac de musicologie presque par erreur »

« J’avais 20 ans » : chaque mois, « Le Monde » interroge une personnalité sur ses années d’études et son passage à l’âge adulte. Aujourd’hui Emilie Simon, chanteuse, auteure, compositrice.

Propos recueillis par Publié le 19 mars 2020 à 07h00 - Mis à jour le 21 mars 2020 à 09h05

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Emilie Simon.
Emilie Simon. Chris Lowell

Originaire de Montpellier, Emilie Simon a quitté le cocon familial en 1998 pour suivre des études de musicologie à Paris. En 2003 sort son premier album éponyme récompensé une première fois aux Victoire de la musique. Depuis, elle a enchaîné les titres et les succès en faisant dialoguer mélodie, chant et électronique. En 2008, elle a quitté Paris pour s’installer à New-York. La musicienne de 41 ans vient de signer la bande originale du nouveau film de John Turturro : The Jesus Rolls.

Devenir musicienne, était-ce une évidence ?

Enfant, j’ai grandi dans une maison où il y avait toujours de la musique, des instruments et des musiciens que mon père enregistrait et enregistre toujours. Il est ingénieur du son. Mais je crois aussi que la musique a toujours fait partie de moi. A l’age de 6 ans je suis entrée au conservatoire, j’y ai étudié le chant, puis le piano, la clarinette, la guitare. Mais je n’ai pas voulu être instrumentiste, mon moyen d’expression reste la voix.

Etiez-vous une bonne élève ?

Oui, j’ai toujours été curieuse de tout, j’aimais apprendre. Adolescente, je m’intéressais un peu moins au système scolaire et un peu plus à monter des groupes de musique et à jouer avec les copains. Mais j’ai eu sans difficulté un bac littéraire avec mention.

Bac en poche, vous entrez à l’université de Montpellier en Deug (deux premières années de l’actuelle licence) de musicologie. Avez-vous eu des hésitations sur votre orientation?

Mon choix d’études a beaucoup intrigué autour de moi. On me posait mille questions : « Mais qu’est-ce que tu vas faire en musicologie ? Est-ce que ce n’est pas une voie de garage ? Qu’est-ce que tu vas pouvoir faire avec ça ? Est-ce que tu veux être musicologue ? » Je répondais que non, mais que la matière m’intéressait. Donc contre l’avis de beaucoup, j’ai choisi cette voie.

Faire le choix de la musicologie, c’était quand même risqué en termes de débouchés…

Il faut suivre son instinct. Moi je me suis inscrite dans cette filière presque par erreur, et finalement c’est ce choix qui m’a permis de faire une partie du chemin que j’ai parcouru. Parfois, il y a des choix que nous sommes seuls à devoir prendre, nous ne pouvons pas écouter, entendre l’avis des autres. On les fait sans même comprendre pourquoi votre voix intérieure vous dit de faire ça. Il faut parfois du temps pour que cela prenne sens. Dans les métiers artistiques, il faut suivre son cœur avant le rationnel.

Il peut y avoir des moments difficiles ou on n’y voit rien et pendant longtemps. Il faut continuer, comme sur un bateau, on se fixe un cap : moi ce que je veux faire c’est ça. L’important c’est la clarté de ce qu’on a envie de faire. Il y aura des coups de vents, des vagues. Mais on garde le cap, et à un moment, il y a quelque chose de beau qui arrive.

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