« Quitter la robe n’est pas un échec tant que ce n’est pas par dépit »

Avec son podcast « Fleur d’avocat », Lilas Louise Maréchaud, 30 ans et déjà ancienne avocate, ausculte la profession en vue de donner des clés d’entrée aux jeunes collaborateurs.

Propos recueillis par Publié le 18 mars 2020 à 10h00 - Mis à jour le 19 mars 2020 à 08h59

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Lilas Louise Maréchaud, la créatrice du podcast « Fleur d’avocat ».

A 30 ans, Lilas Louise Maréchaud a déjà derrière elle une reconversion professionnelle. Elle a exercé le métier d’avocat avant de s’en détacher pour mieux l’observer de l’extérieur. Son podcast « Fleur d’avocat » donne la parole à ces robes noires épanouies dans leur tenue, notamment parce qu’elles ont su dire « non » à certaines conditions de travail.

Vous avez créé un podcast consacré aux avocats « bien dans leur robe ». Pourquoi ce choix ?

J’ai exercé dans deux cabinets d’affaires pendant deux ans et demi, en droit pharmaceutique. Mon sentiment oscillait entre ennui et agacement par rapport au système de management, mais le fond du problème, c’est que je n’étais pas particulièrement passionnée par mon métier, je n’avais finalement pas envie de réfléchir avec le droit. Et j’en avais aussi assez d’entendre dire : « Ah, tu es avocate, tu as une vie de merde toi aussi. » Je ne voyais pas beaucoup d’avocats épanouis dans mon entourage. J’ai suivi une formation de reconversion et, par ailleurs, j’écoutais beaucoup de podcasts. J’ai fait le constat qu’aucun ne s’intéressait aux avocats en dehors de leur posture d’expert. Mon idée n’était pas de me tourner vers les ténors du barreau, mais vers ceux qui kiffent ce métier, qui y sont épanouis. Mi-2018, j’ai donc quitté ma collaboration en cabinet et j’ai mené des interviews tout l’été. Mon premier podcast a été diffusé en novembre. Tout s’est fait sur le tas avec les réseaux sociaux et en particulier LinkedIn. Aujourd’hui, le podcast compte 100 000 écoutes tous épisodes cumulés, avec une croissance importante chaque mois.

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Comment expliquez-vous le malaise de la profession ? Les conditions de travail se sont-elles dégradées ?

Elles ont toujours été difficiles. Mais ce n’est pas un passage obligé pour autant. Certains trouvent un cabinet qui leur correspond parfaitement et deviennent des associés très vite. Les difficultés ne sont pas propres à la profession d’avocat : des salariés de grosses entreprises ou des free-lance peuvent aussi connaître des conditions de travail déplorables. J’espère que mon podcast pourra aider les jeunes collaborateurs à prendre confiance : non ils ne sont pas interchangeables, et les patrons ont autant besoin d’eux que l’inverse. Ils peuvent eux aussi poser leurs conditions.

Si je me suis aussi lancée dans des modules de formation en développement personnel, c’est que je veux les aider à mettre les choses à plat, à crever l’abcès pour qu’il en sorte quelque chose de positif. Pour les jeunes avocats en difficulté au sein de leur cabinet, deux options se présentent : se taire ou partir.

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