« Le secteur de l’agro offre des modèles de réussite aux jeunes femmes »

« Si le secteur de l’agro est de plus en plus féminisé, c’est qu’il offre des modèles de réussite » aux jeunes femmes, observe Anne-Lucie Wack, directrice générale de l’Institut Agro. Présidente de la Conférence des grandes écoles, elle déplore que « les écoles d’ingénieurs généralistes soient trop masculinisées ».

Propos recueillis par Publié le 18 février 2020 à 07h00 - Mis à jour le 18 février 2020 à 10h08

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Anne-Lucie Wack, directrice générale de l’Institut Agro et présidente de la Conférence des grandes écoles, déplore que « les écoles d’ingénieurs généralistes [soient] trop masculinisées ». Elle entend « convaincre les étudiantes de ce qu’elles valent et combattre les schémas mentaux installés », et s’inquiète « des conséquences d’une désaffection des femmes pour le numérique ».

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A diplôme égal, dans tous les secteurs de l’ingénierie, exception faite de la métallurgie, les femmes ingénieures nouvellement diplômées sont moins payées que leurs collègues masculins. Qu’est-ce qui peut expliquer ce fait ?

Nous constatons une différence en défaveur des femmes sur tous les indicateurs de l’insertion : le nombre de contrats à durée indéterminé, le niveau de responsabilité, le statut cadre et aussi les salaires, et ce dès la sortie de l’école, donc à expérience égale. Ensuite, cette différence ne cesse d’augmenter tout au long de leur carrière.

Une part de responsabilité est à la charge des entreprises qui paient moins les femmes, une autre est dans une répartition genrée des métiers. Ensuite, on constate que les femmes s’orientent plus souvent vers des métiers ou des secteurs moins rémunérateurs, comme la communication, la santé, les ressources humaines, alors que les hommes plébiscitent la finance, le digital, où les salaires sont plus élevés dès la première embauche.

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Les écoles supérieures d’agro sont les seules écoles d’ingénieurs à être majoritairement féminisées, mais, là encore, les diplômés masculins sont mieux rémunérés à la sortie. Comment mettre un frein à ces inégalités ?

Nous avons, dans notre secteur, de gros progrès à faire. Comme cela se fait dans d’autres cursus, nous devons agir sur la formation des étudiants à la négociation salariale, convaincre les filles de ce qu’elles valent, combattre les schémas mentaux installés pour les pousser à se projeter sur des fonctions à responsabilités, et ce dans toutes les filières. Nous allons nous saisir de ce dossier dans le cadre de la nouvelle grande école d’agro [l’Institut Agro], qui rassemble, depuis janvier 2020, Montpellier SupAgro, l’Agrocampus de Rennes et Angers (ainsi qu’Agrosup Dijon, en 2021).

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Dans le numérique et l’informatique, le taux de féminisation est au plus bas (16 %). Quelles seront les conséquences, dans les années à venir, de cette désertification des femmes dans ce secteur ?

Si le secteur de l’agro est de plus en plus féminisé, c’est qu’il offre des modèles de réussite. Il est plus facile pour une femme de se diriger vers un secteur qui est déjà occupé par des femmes, il y a un effet de masse qui rassure. Nous avons, dans nos écoles, des étudiantes qui auraient eu les capacités d’intégrer les plus prestigieuses écoles d’ingénieurs généralistes. Mais ces dernières sont tellement masculinisées qu’elles peuvent avoir un effet repoussoir : des femmes qui y auraient leur place n’y postulent pas.

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