Perte d’odorat : un des symptômes possibles dus au coronavirus

Petr Kratochvil © publicdomainpictures

Dans la maladie Covid-19 due au nouveau coronavirus SARS-Cov-2, en plus de la fièvre et/ou la toux (sèche ou grasse) et de la fatigue*, un autre symptôme n’est pas à négliger : la perte d’odorat, associée ou non à une perte du goût. En d’autres termes, les patients souffrant de Covid-19 peuvent présenter ce que les spécialistes ORL appellent une anosmie post-infectieuse qui peut s’accompagner d’une agueusie.

Depuis le 9 mars dernier, des articles de presse en langue anglaise, décrivant la situation des patients atteints de Covid-19 en Iran, ont rapporté que nombre d’entre eux présentent une perte de l’odorat. Le vice-président de l’Association iranienne de rhinologie, le Dr Ebrahim Razmpa, a ainsi déclaré à l’agence de presse iranienne ISNA que « le mois dernier, il y a eu dans tout le pays un bond soudain, inattendu et incroyable de cas de perte de l’odorat ». Et l’ORL iranien d’ajouter que ces patients présentent également un trouble de la vision, sans donner toutefois plus de précisions.

Le 17 mars, c’est au tour du quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung de donner la parole à un virologue indiquant que de nombreux patients maintenus en quarantaine présentent ce nouveau symptôme. « Presque toutes les personnes infectées que nous avons interrogées, et cela s’applique facilement aux deux-tiers, décrivent une perte d’odorat et de goût qui a duré plusieurs jours », déclare Hendrik Streeck, directeur de l’Institut de virologie de l’hôpital universitaire de Bonn. Il lui semble que ces symptômes n’apparaissent qu’après que les patients aient développé les autres signes cliniques de la maladie Covid-19. « Cela va si loin qu’une mère ne pouvait pas détecter l’odeur de la couche de son bébé », précise le virologue, ajoutant que « d’autres patients ne pouvaient plus sentir l’odeur de leur shampoing et que la nourriture commençait à avoir un goût fade ».

Par ailleurs, toujours le 17 mars, l’actrice américaine Rachel Matthews, qui a prêté sa voix à un personnage (Honeymaren) dans Frozen II (La Reine des neiges 2), testée positive pour le Covid-19, a déclaré sur Instagram présenter un trouble de l’olfaction et du goût.  

A Londres, le 19 mars, Nadine Dorries, ministre déléguée au secrétariat d’Etat à la Santé et première personnalité de la classe politique britannique diagnostiquée positive au Covid-19, déclare sur Twitter présenter une perte totale de l’olfaction et du goût. 

Par ailleurs, le 19 mars, Michael Edelstein, médecin-chercheur en épidémiologie et santé publique à Londres (Public Health England et London School of Hygiene and Tropical Medicine) rapporte sur Twitter être « positif pour le Covid-19 ». Il déclare présenter une légère fièvre et une toux modérée, tout en insistant sur un autre symptôme : une « perte totale d’odorat, (déconcertante), et un trouble visuel ». Ce dernier consiste en une « distorsion de la vision périphérique. Il lui est très difficile de regarder un écran d’ordinateur. Celui-ci lui apparaît très brillant. Il ne peut lire [son] contenu ». Et le chercheur, père d’un bébé, d’ajouter qu’il présente également une agueusie : « Le goût a beaucoup diminué mais pas autant que l’odeur – je ne pouvais même pas sentir une couche pleine de caca ! ».

En France, des cas d’anosmie de survenue brutale, sans obstruction nasale, ont été rapportés ces derniers jours chez des patients atteints de Covid-19 par le Conseil national professionnel des oto-rhino-laryngologistes. 

Patients belges

Très récemment, en Belgique, des spécialistes ORL ont également observé une perte de l’olfaction, symptôme non décrit dans les publications chinoises rapportant les signes cliniques de patients hospitalisés à Wuhan, de même que dans le volumineux rapport de la mission internationale conjointe, en Chine, de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et d’experts chinois.


« Nous avons observé une dizaine de cas de patients positifs pour Covid-19 et présentant une anosmie et une agueusie, toutes deux totales à en croire ces personnes », me déclare Philippe Rombaux, chef du service ORL aux Cliniques Universitaires St-Luc de Bruxelles. Et d’ajouter qu’il a été contacté ces derniers jours par des oto-rhino-laryngologistes suisses et belges, ainsi que par un médecin généraliste français, qui lui ont signalé des cas d’anosmie totale chez des patients déclarés positifs pour le coronavirus. Par ailleurs, la mère d’une de ses collaboratrices, testée positive pour le SARS-CoV-2, a présenté une anosmie et une agueusie totale.


« Généralement, ces symptômes sont apparus pendant l’infection au coronavirus SARS-CoV-2. Cependant, chez certains patients, la perte d’odorat et de goût est survenue avant l’apparition des autres signes, donc à une phase pré-clinique, avant qu’ils ne soient déclarés positifs pour le coronavirus », souligne le Philippe Rombaux.

Training olfactif

Philippe Rombaux s’apprête à déposer une demande au comité d’éthique de l’université de Louvain, dont dépendent les Cliniques Universitaires St-Luc, pour mener une étude chez des patients atteints du Covid-19. Celle-ci évaluera les troubles quantitatifs de l’odorat chez ces patients. Ces tests consistent à déterminer d’une part le seuil de détection d’une molécule odorante stimulant les récepteurs olfactifs, et d’autre part à identifier des odeurs et à les différencier. Il s’agira également de stimuler ces personnes atteintes de Covid-19 avec un panel d’odeurs, ajoute Philippe Rombaux. « Ce training olfactif consiste à sentir un maximum d’odeurs pendant au moins cinq minutes et au moins deux fois par jour. Par ailleurs, on leur administre de la vitamine A par voie intra-nasale », précise le spécialiste belge. Tout se passe donc comme si en stimulant la fonction, on tentait de recréer l’organe.

Anosmie post-virale

De fait, de nombreux virus peuvent provoquer une perte de l’olfaction, ce que les spécialistes ORL appellent une « anosmie post-infectieuse » ou encore une « anosmie post-virale ». Celle-ci peut s’observer après une infection par le virus de grippe (virus influenza), du virus parainfluenza (responsable d’affections respiratoires allant du rhume banal à un syndrome ou à une pneumonie grippale), du virus respiratoire syncytial (VRS), des coxsackievirus, adénovirus, poliovirus, entérovirus, herpes virus.

Les patients présentant une perte d’odorat pendant ou après une infection virale sont principalement des femmes, âgées de 40 à 50 ans, autour de la ménopause. Connue depuis une bonne trentaine d’années, l’anosmie post-virale est un trouble neurosensoriel qui touche à 90 % des femmes.


« Le rhume banal, dû au coronavirus, dure quelques jours mais ces patients continuent à présenter ce trouble neuro-sensoriel. Dans 60 à 70 % des cas, cette perte d’odorat est transitoire, mais dans 30 à 40 % de cas, ce trouble semble définitif. Le retour des capacités olfactives peut revenir au bout de plusieurs mois, voire après un an ou deux », déclare Philippe Rombaux.

Selon Philippe Rombaux, il n’est pas surprenant que l’on observe une perte de l’olfaction dans la maladie Covid-19 due au coronavirus SARS-Cov-2. « Il est logique qu’avec ce nouveau coronavirus, on ait [chez certains patients] les mêmes symptômes qu’avec d’autres coronavirus », indique-t-il. Et d’ajouter : « Cela est cependant embêtant car, alors que l’on administre généralement de la cortisone à de tels patients, cela est formellement contre-indiqué chez les patients atteints de Covid-19. Il convient d’étudier plus à fond ces patients en visualisant notamment leurs bulbes olfactifs par imagerie par résonance magnétique [IRM cérébrale] ».


« J’ai eu à connaitre des cas de personnes ayant présenté une perte totale de l’olfaction, accompagnée d’une agueusie partielle, avec récupération partielle dans les six mois suivants, notamment au cours d’une infection au virus parainfluenza de type 3 », souligne Astrid Vabret, responsable du département de virologie du CHU de Caen.

Le bulbe olfactif constitue le premier relais du système olfactif. Cette structure, située sous le cerveau, reçoit les axones des neurones de l’épithélium olfactif qui traversent le toit des fosses nasales. Celui-ci est dénommé lame criblée (de l’os ethmoïde) car il est perforé par de nombreux orifices dans lesquels passent les filets nerveux des voies olfactives.
 © Wikipedia

Bulbes olfactifs


Petit rappel de physiologie. Les molécules odorantes sont de petite taille ce qui leur permet d’être captées par les cellules olfactives (épithélium olfactif) situées dans les cavités nasales. Le signal chimique véhiculé par la molécule odorante est alors transformé en influx nerveux. Les neurones de l’épithélium olfactif envoient leurs prolongements (axones) dans les deux bulbes olfactifs. Les fibres nerveuses issues de ces structures nerveuses transmettent ensuite l’information au cerveau. On comprend dès lors que toute lésion du bulbe olfactif peut entraîner un trouble de l’odorat.

« L’anosmie post-virale s’explique à la fois par la destruction de terminaisons nerveuses situées dans la partie haute des fosses nasales et par le fait que des particules virales atteignent le toit des fosses nasales, appelée lame criblée », précise Philippe Rombaux. Cette structure osseuse, perforée de multiples trous minuscules, est traversée par les filets nerveux olfactifs qui se réunissent pour former le bulbe olfactif. A ce niveau, l’atteinte des neurones entraîne une diminution de volume du bulbe olfactif. La récupération des capacités olfactives du patient semble improbable lorsque le volume total du bulbe olfactif est inférieur à 40 mm3.

Une autre piste a récemment été avancée par une équipe allemande de médecins-chercheurs ORL (université de Marbourg) : celle de l’auto-immunité (auto-anticorps nucléaires). Selon ces chercheurs, l’anosmie post-infectieuse pourrait résulter d’un processus immunitaire. Et les auteurs de souligner qu’un trouble de l’olfaction a été décrit dans certaines maladies auto-immunes.**

Anosmie et agueusie

La perte de l’olfaction peut s’accompagner d’une agueusie (perte du goût). Là encore un petit rappel de physiologie pour mieux comprendre. Le système olfactif est basé sur la stimulation orthonasale, liée au cheminement des molécules odorantes vers le bulbe olfactif via les narines, ainsi que sur une stimulation rétro-nasale correspondant au trajet de ces mêmes substances dans le pharynx. Cette dernière stimulation joue un rôle clé dans la perception des saveurs tout en interagissant avec toutes les autres modalités sensorielles, en l’occurrence le goût, la perception de la texture et de la température par le nerf trijumeau (nerf crânien innervant le visage), la vision et même l’audition. On le voit, l’olfaction et le goût sont deux sens entremêlés.

Lorsqu’on mange, il se produit donc une stimulation rétro-nasale (ou rétro-vélo-pharyngée) via l’épithélium olfactif. Si des patients ont la sensation d’avoir perdu le sens du goût, c’est parce qu’ils ont perdu cette sensation rétro-nasale. La flaveur, qui traduit la sensation provoquée conjointement par le goût et l’odeur d’un aliment, est perturbée chez ces individus. Pour autant, les saveurs fondamentales (sucré, salé, acide, amer, umami***) ne sont pas, logiquement, touchées. « Si on met du sel ou du sucre sur la langue d’un patient présentant une anosmie post-infectieuse, il saura reconnaître cette saveur », résume Philippe Rambaux.

Un seul cas publié d’anosmie post-SRAS


En 2006, un neurologue taïwanais a décrit le cas d’une jeune femme de 27 ans ayant souffert trois ans plus tôt du SRAS, syndrome respiratoire aigu sévère imputable au coronavirus SARS-CoV. Bien qu’ayant presque complètement récupéré, cette patiente a développé au printemps 2003 une anosmie complète trois semaines après le début des symptômes (fièvre, toux, maux de tête, douleurs musculaires et articulaires, diarrhée). La perte totale de l’olfaction, de survenue brutale, avait persisté pendant toute la durée du suivi médical, soit plus de deux ans. Cette publication est la première (et la seule) à décrire une anosmie totale comme séquelle neurosensorielle permanente dans le SRAS. L’IRM cérébrale n’avait pas permis de visualiser de lésion particulière dans la région sous-frontale, au niveau des fosses nasales ou des sinus paranasaux.

« Si une anosmie post-virale, totale ou partielle, n’a pas été rapportée plus souvent chez les patients ayant souffert du SARS en 2002-2003, c’est sans doute que l’on n’a pas pris la peine de rechercher ce trouble à l’interrogatoire des patients », estime Astrid Vabret. En effet, on se doute bien que la perte de l’olfaction n’est pas le signe clinique que les réanimateurs recherchent chez les patients hospitalisés en soins intensifs et sous respirateur artificiel.


Spécialistes ORL et virologues s’accordent sur un point : les équipes qui travaillent dans le monde sur la perte de l’olfaction se comptent sur les doigts d’une main. Par ailleurs, l’anosmie est rarement, sinon jamais, répertoriée comme critère diagnostique dans les infections virales respiratoires hautes. La description de cas d’anosmie post-virale dans le cadre de Covid-19 pourrait non seulement relancer la recherche fondamentale sur les coronavirus mais également, on peut en tout cas l’espérer, celle sur les troubles de l’olfaction et du goût d’origine virale.

Marc Gozlan (Suivez-moi sur Twitter, sur Facebook)

* On compte également par les signes cliniques : gêne respiratoire, mal de gorge, maux de tête, douleurs musculaires (courbatures) ou articulaires, frissons, nausées, vomissements, congestion nasale (nez qui coule), diarrhée, rejet de sang lors d’un effort de toux (hémoptysie), conjonctivite (congestion conjonctivale). 


** Un trouble de l’olfaction a été observé dans certaines affections auto-immunes, telle que la sclérose en plaques, le psoriasis vulgaire, le pemphigus vulgaire, le syndrome de Sjögren. 



*** Saveur proposée en 1908 par le chimiste Kikunae Ikeda, l’umami (délicieux en japonais) est principalement générée par un acide aminé, le L-glutamate.

Pour en savoir plus :

Liu DT, Besser G, Renner B, Seyferth S, Hummel T, Mueller CA. Retronasal olfactory function in patients with smell loss but subjectively normal flavor perception. Laryngoscope. 2019 Aug 31. doi: 10.1002/lary.28258

Patterson A, Hähner A, Kitzler HH, Hummel T. Are small olfactory bulbs a risk for olfactory loss following an upper respiratory tract infection? Eur Arch Otorhinolaryngol. 2015 Nov;272(11):3593-4. doi: 10.1007/s00405-015-3524-x

Konstantinidis I, Tsakiropoulou E, Bekiaridou P, Kazantzidou C, Constantinidis J. Use of olfactory training in post-traumatic and postinfectious olfactory dysfunction. Laryngoscope. 2013 Dec;123(12):E85-90. doi: 10.1002/lary.24390

de Haro-Licer J, Roura-Moreno J, Vizitiu A, González-Fernández A, González-Ares JA. Long term serious olfactory loss in colds and/or flu. Acta Otorrinolaringol Esp. 2013 Sep-Oct;64(5):331-8. doi: 10.1016/j.otorri.2013.04.003

Rombaux P, Huart C, Deggouj N, Duprez T, Hummel T. Prognostic value of olfactory bulb volume measurement for recovery in postinfectious and posttraumatic olfactory loss. Otolaryngol Head Neck Surg. 2012 Dec;147(6):1136-41. doi: 10.1177/0194599812459704

Rombaux P, Martinage S, Huart C, Collet S. Post-infectious olfactory loss: a cohort study and update. B-ENT. 2009;5 Suppl 13:89-95. PMID: 20084809

Hummel T, Rissom K, Reden J, Hähner A, Weidenbecher M, Hüttenbrink KB. Effects of olfactory training in patients with olfactory loss. Laryngoscope. 2009;119(3):496–499. doi:10.1002/lary.20101

Netland J, Meyerholz DK, Moore S, Cassell M, Perlman S. Severe acute respiratory syndrome coronavirus infection causes neuronal death in the absence of encephalitis in mice transgenic for human ACE2. J Virol. 2008;82(15):7264–7275. doi:10.1128/JVI.00737-08

Suzuki M, Saito K, Min WP, Vladau C, Toida K, Itoh H, Murakami S. Identification of viruses in patients with postviral olfactory dysfunction. Laryngoscope. 2007 Feb;117(2):272-7. doi: 01.mlg.0000249922.37381.1e

Hwang CS. Olfactory neuropathy in severe acute respiratory syndrome: report of A case. Acta Neurol Taiwan. 2006;15(1):26–28. PMID: 16599281

Seiden AM. Postviral olfactory loss. Otolaryngol Clin North Am. 2004;37(6):1159–1166. doi:10.1016/j.otc.2004.06.007

Deems DA, Doty RL, Settle RG, et al. Smell and taste disorders, a study of 750 patients from the University of Pennsylvania Smell and Taste Center. Arch Otolaryngol Head Neck Surg. 1991;117(5):519–528. doi:10.1001/archotol.1991.01870170065015

LIRE AUSSI : Un odorat normal… en l’absence de bulbe olfactif

22 réponses sur “Perte d’odorat : un des symptômes possibles dus au coronavirus”

  1. J’allais écrire que c’est rassurant d’enfin lire un article sérieux et détaillé sur le sujet, mais découvrir que mon anosmie risque de durer longtemps a accentué mes craintes. Merci quand même.

    1. https://sante.lefigaro.fr/actualite/2014/02/17/22005-peut-on-soigner-perte-lodorat
      Mais les causes les plus fréquentes d’anosmie sont virales ou traumatiques. Une grippe sévère, un traumatisme crânien même banal peuvent provoquer la perte totale de l’odorat. Aucun traitement ne semble réellement efficace. Dans certains cas, l’odorat récupère spontanément après quelques mois mais souvent sous la forme d’une parosmie, c’est-à-dire d’une perversion de la sensation olfactive souvent à type de «brûlé», ou d’une phantosmie, c’est-à-dire d’une hallucination olfactive. En l’absence de récupération, une «rééducation olfactive» est depuis peu recommandée qui consiste à demander au patient de respirer des flacons contenant chacun par exemple des extraits de rose, d’eucalyptus, de citron ou de girofle, deux fois par jour, 10 secondes par flacon, et durant trois mois. Les résultats de cette «gymnastique olfactive», quoique partiels, ouvrent des perspectives passionnantes puisqu’ils objectivent la possibilité d’une plasticité sensorielle chez l’homme. Mais il faut remarquer qu’une rééducation poursuivie plus longtemps n’a pas d’intérêt en raison sans doute d’un phénomène de saturation bien connu des fumeurs ou des personnes ne sentant plus à la longue leur propre parfum.

    2. Avez-vous retrouvé votre odorat ? Je suis dans la même situation, ça fait 7 jours. Je suis positive au test du coronavirus avec symptômes modérés.
      Courage !

  2. J’ai exactement ce symptôme d’anosmie depuis le 11 mars. Je m’appelle Olivier, j’ai 36 ans, j’habite le Haut-Rhin. Tout a commencé le 8 mars avec une grosse fatigue qui a duré 3 jours, comme une grippe mais sans fièvre. Puis est survenu une toux sèche suivi d’un gros mal de gorge comme une angine pendant 3 jours (à partir du 11 mars), cela accompagné d’une perte brutale de l’odorat et du goût. Je ne sens strictement plus rien, lorsque je change mes enfants en bas âge, je ne sens rien du tout, c’est le seul avantage… Pour le reste, je ne sens plus du tout le goût des aliments, je n’ai jamais eu de tels symptômes auparavant. Nous sommes le 21 mars, et j’ai toujours cette anosmie. Je suis allé voir mon médecin traitant qui m’a dit que ça reviendrait mais je commence à en douter et je ne suis pas rassuré. Je n’ai pas de masque, personne n’en a, il est difficile de protéger ma famille dans ces conditions, je ne sais pas si je suis encore contagieux.

    1. J’ai eu les mêmes symptômes. Aujourd’hui ça va mieux juste mal de tête. Je suis au 5eme jour sans goût ni odorat. J’ai bien peur que ça ne revienne jamais.

    2. j’ai eu exactement les même symptomes avec perte de goût et d’odorat, je n’aime plus manger tellement tout est fade.

  3. J’ai eu la grippe le 24/12/2018. Par la suite, j’ai perdu l’odorat mais je reconnaissais le sucré, le salé, l’amer, l’acide. L’été suivant, j’ai senti des odeurs qui n’avaient rien à voir avec d’où elles venaient par exemple, la transpiration et l’oignon me dégoutaient (odeur d’excrément), puis des saignements de nez depuis le début de la grippe jusqu’à aujourd’hui (21 mars 2020) seulement la narine droite, j’ai vu un ORL qui m’a donné un traitement pour allergie ! Je sais que ce n’est pas une allergie puisque c’est suite à une grippe ! Aujourd’hui, je n’ai toujours pas retrouvé l’odorat 15 mois après ! Je désespère j’ai des douleurs dans le front et dans la tempe droite pourtant j’ai fait un scanner des sinus. Ils n’ont rien vu! Le coronavirus n’était pourtant pas là, c’était une bonne grippe, celle qui vous cloue au lit et qui vous fait croire que vous allez mourir. Donc quand on dit symptôme dû au coronavirus, que penser ?

    1. Comme je le dis dans mon billet : le virus grippal (également appelé virus influenza) peut être responsable d’une anosmie post-infectieuse. En d’autres termes, il n’y a pas que le nouveau coronavirus (SARS-CoV-2), responsable du Covid-9, qui peut provoquer une perte d’odorat (parfois associé à une perte du goût).

  4. Bonjour,
    Merci pour cet article détaillé ! Moi j’habite en Ile-de-France. J’ai commencé le 14 mars avec toux, fatigue et courbatures sans avoir de la fièvre. 3 jours après j’ai perdu brutalement le goût et l’odorat, j’essaie de manger comme je peux mais c est très gênant d avoir ces symptômes. J’ai appelé mon médecin qui m’a dit que ça passera… J’espère. Pour l’instant, ça fait à peine 4 jours.

    1. Bonjour. Il y a à peine 5 jours que j’ai des symptômes de grippe, à présent je ne sens plus aucune odeur, veuillez m’aider svp.

      1. « Selon les données préliminaires dont nous disposons, l’évolution naturelle des anosmies aiguës liées au COVID-19 semble souvent favorable. Dans les cas d’anosmie persistante, nous vous conseillons de fournir au patient une liste d’exercices de rééducation à pratiquer quotidiennement (…) et de l’orienter vers un service d’ORL de votre région spécialisé en rhinologie et particulièrement dans la prise en charge des troubles de l’odorat. »
        Source : ici

  5. Merci pour cet article qui éclaire ceux dans l’incompréhension de ce qui leur arrive. Je suis dans ce cas avec les symptômes Covid-19 depuis dimanche dernier et la perte totale d’odorat dure depuis mardi. J’étais extrêmement inquiet pour une perte sur la durée ou définitive, jusqu’à avoir réussi à sentir brièvement de nouveau : après m’être bouché les narines et avoir dégagé l’air (comme lors de changement de pression en avion).
    J’ai pu sentir l’alcool désinfectant pour mains de façon légère mais nettement identifiable pendant 1 seconde. Mon moral a remonté de façon fulgurante après cela. Gardons espoir

  6. Merci de ce 1er article très complet au lieu des banalités que j’ai pu lire à ce sujet… Idem pour moi Anosmie sévère et brutale depuis 48h. J’ai eu un épisode fièvreux associé à des frissons et une grosse fatigue la semaine dernière mais qui n’a pas duré plus d’une nuit. Puis plus aucun autre symptôme à part cette perte totale d’odorat et de goût très handicapante. J’espère vraiment que ça n’est pas définitif… En attendant j’essaye de rééduquer mon nez avec des huiles essentielles sans succès …

  7. Anosmique de naissance (ou plutôt du plus longtemps que je me souvienne), je peine à trouver des études sérieuses sur le sujet. Je ne souffre pas d’agueusie, mais mon goût est peut-être altéré par rapport à d’autres personnes, ce que je ne peux bien évidemment pas mesurer. Seule conséquence enquiquinante de ce handicap : je ne sais pas quand changer la couche d’un bébé…

    1. Les anosmies congénitales sont soit isolées, soit associées à un syndrome. Les premières sont les plus fréquentes. L’origine est probablement liée à une hypoplasie ou aplasie du bulbe olfactif, dont la fréquence semble sous-estimée, et peut être mise en évidence par une IRM cérébrale. Parmi les anosmies congénitales associées à un syndrome, celle de Kallmann est la plus fréquente. Il s’agit d’une hypoplasie ou aplasie des bulbes olfactifs dans le contexte d’un hypogonadisme hypogonadotrope. Récemment, des cas d’anosmie associés au syndrome CHARGE (Coloboma, heart defects, atresia of the choanae, retarded growth, ears anomalies) et au syndrome de Bardet-Biedl ont été rapportés. Lors de l’anamnèse, une absence totale de mémoire olfactive est fortement suggestive d’une anosmie congénitale. Curieusement, les anosmies congénitales ne sont, en général, découvertes qu’entre les âges de huit à quatorze ans.
      Source : ici.
      et aussi : Les anosmies congénitales (La Lettre d’ORL et de chirurgie cervico-faciale. n° 321 – avril-mai-juin 2010).

  8. Anosmique (origine post virale) depuis 1987, je ne peux que vous féliciter pour ce post et vous remercier d’y faire le constat, pour nous effarant, de l’ignorance relative à ce sujet.

    C’est mon drame personnel, et je suis toujours très heureux de voir occasionnellement ressurgir un signalement de ce problème.

    Je suis référent régional de l’Association Française pour l’Anosmie et l’Agueusie, que vous connaissez peut-être, association que nous nous efforçons de faire grandir et reconnaître.

    Cordialement

  9. Merci pour cet article détaillé et factuel. J’expérimente la perte de l’odorat et du goût depuis ce matin (sans autre symptôme qu’une légère toux, et pas de fièvre), c’est très déroutant.
    Un médecin consulté à distance pose le diagnostic du COVID, cependant il n’avait entendu parler de ces symptômes qu’à la radio, le matin même…
    Entrant donc en confinement total pour 14 jours…

  10. Bonjour,
    Je suis en confinement depuis 6 jours, je n ai pas de fièvre : 37,20C, pas d’essoufflement. Je ne sors pas du tout de chez moi mais depuis 5 jours j’ai perdu totalement mon odorat. Est-ce que je vais retrouver mon odorat ? Merci de me donner une réponse je suis pas très rassuré.
    Cordialement

  11. J’ai ça depuis ce week end, c’est perturbant de ne plus sentir, son café, le pain grillé, son propre parfum, le brulé. Perte total de l’odorat (ma femme m’a fait des blind test), mais étrangement, le goût peu altéré (et heureusement).
    Contrairement aux autres commentaires, je n’ai eu qu’un petit rhume (ma femme a été plus malade), pas de fièvre, de courbature ou de mal de tête.
    Merci pour cet article éclairant, même si le fait que 30 à 40% des cas « semble définitif ».

  12. Bonjour à tous,
    Je m’appelle Bernard PERROUD, président de l’Association Française pour l’Anosmie et l’Agueusie. L’ AFAA SOS-ANOSMIE.
    Depuis quelques années, cette association de patients essaie d’apprendre par elle-même ce que représente l’anosmie en terme de handicap sensoriel.
    Vous pouvez trouver sur notre site de nombreuses et précieuses informations concernant la perte de l’odorat et les troubles olfactifs.
    https://www.afaa-sos-anosmie.com/
    Anosmiquement votre…!

  13. Mon cher Bernard,
    Je viens de voir le Pr. Bertrand Guidet, chef de service de réanimation médicale à l’Hôpital Saint-Antoine, invité de l’émission « C dans l’air » de France 5, expliquer que cette anosmie, prédictrice du Covid 19, était la « perte du goût » …
    Accordons-lui le bénéfice d’un possible lapsus, sans exclure, néanmoins, qu’un tel responsable médical puisse confondre anosmie et agueusie, ce qui en dit long.

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