Avec le tiers-lieu, « des jeunes gens font revivre Lavaveix-les-Mines »

Entrepreneurs, élus et habitants tentent de redynamiser l’ancienne cité minière de la Creuse autour d’un espace de travail et création artistique.

Par Publié le 10 mai 2018 à 08h54 - Mis à jour le 10 mai 2018 à 12h30

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Son père et son grand-père gueules noires auraient du mal à reconnaître les lieux. Cinquante ans après la fermeture du dernier puits de Lavaveix-les-Mines, ancienne cité minière de la Creuse, la poussière de la forge, le bruit de l’enclume et des raboteuses ont laissé place à des bureaux épurés et à un espace de travail peuplés d’écrans MacBook, d’une imprimante 3D et d’un « Fab-Lab ».

Depuis deux ans, les anciens ateliers de la mine de ce village de moins de sept cents habitants accueillent un tiers-lieu. Un « drôle de nom » que Marie Cotton n’avait jamais entendu. Mais elle qui est née ici il y a soixante et un ans, serveuse depuis vingt chez les Lorsery, le dernier restaurant du village, est heureuse de voir le patrimoine de ses anciens « reprendre des couleurs ». « Et des jeunes gens faire revivre Lavaveix-les-Mines. »

Ces jeunes gens, ce sont d’abord Pierre Jeannot et Nicolas Bodeau, graphistes indépendants et amis de lycée qui ont choisi de revenir s’installer dans la Creuse avec leurs familles après avoir bourlingué. A la recherche d’un espace de travail, ils perçoivent vite le potentiel des imposants bâtiments ouvriers de briques rouges, entièrement réhabilités dans le cadre d’un projet global de redynamisation du village. Les lieux devaient accueillir une SCOP, qui n’est jamais venue.

C’est avec la communauté de communes, le maire du village et le Pays Combraille en Marche – une association de conseil aux collectivités locales –, que Nicolas Bodeau et Pierre Jeannot ont co-construit le projet de tiers-lieu.
C’est avec la communauté de communes, le maire du village et le Pays Combraille en Marche – une association de conseil aux collectivités locales –, que Nicolas Bodeau et Pierre Jeannot ont co-construit le projet de tiers-lieu. Thierry Laporte pour Le Monde.fr

« Réinventer la ruralité »

Avec la communauté de commune, le maire du village et d’autres acteurs du territoire, les deux associés imaginent alors un lieu participatif « pour accueillir de nouvelles manières d’entreprendre, mais aussi pour recréer un espace de convivialité dans le village ». Ils ne tardent pas à être rejoints par d’autres. Pierre Jeannot et Nicolas Bodeau ont désormais pour voisins de bureau un coach, une sophrologue, un illustrateur, deux paysagistes, un consultant en développement territorial et Fabienne, la gardienne des lieux. Autant d’acteurs qui portent ensemble le projet du tiers-lieu, aux côtés des élus, mais aussi d’habitants.

« On construit aujourd’hui ce qu’on n’a pas eu, gamins, en milieu rural », raconte Pierre Jeannot, 38 ans et père de deux enfants, dans son bureau avec vue sur les champs. Lorsqu’il était adolescent à Boussac, le seul espace pour rêver et pour construire des projets avec les copains se résumait à l’abribus, « notre tiers-lieu à nous », se souvient-il. De quoi le convaincre de l’importance de « ces nouveaux lieux de vie et d’activité » : « Ça contribue au fait que les campagnes ne crèvent pas, en maintenant des commerces et des services. » Manière aussi de « réinventer la ruralité ». Les neuf locataires des ateliers sont autant de nouveaux clients pour l’épicerie, les boulangeries, le restaurant… La dynamique a aussi attiré dans la commune un musicien et une plasticienne, qui ont fait le plein d’élèves à la rentrée.

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