Pied-pong, soutifs et morpion-croquettes : les malheurs du confinement racontés sur Twitter

Enfermés chez soi, avec un accès illimité à une prise électrique et un bon forfait Internet : le cocktail idéal pour raconter ses malheurs sur Twitter.

Publié le 24 mars 2020 à 13h12 - Mis à jour le 24 mars 2020 à 16h21 Temps de Lecture 2 min.

« Je t’aime mais de loin », sur la fenêtre d’un appartement, à Rennes, le 24 mars.
« Je t’aime mais de loin », sur la fenêtre d’un appartement, à Rennes, le 24 mars. DAMIEN MEYER / AFP

Ce n’est que le début, et c’est déjà trop long. Alors que la France entame son huitième jour de confinement, mardi 24 mars, la patience s’émousse dans nombre de foyers. Enfermés chez soi, avec un accès illimité à une prise électrique pour recharger son téléphone ou son ordinateur et, avec un peu de chance, un bon forfait Internet : le cocktail idéal pour raconter ses malheurs sur Twitter.

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Dans ces cas de promiscuité forcée, le premier des malheurs est, sans surprise, la famille. Cette famille que l’on redécouvre, qui nous redécouvre, nous juge, questionne nos engagements politiques et comprend encore moins notre métier, maintenant qu’elle nous voit l’exercer toute la journée.

Sans parler des enfants qui ne comprennent pas vraiment le concept du télétravail, qui consiste à être là, mais pas tout à fait présent non plus.

Bref, la famille, on l’aime, mais à petite dose et, dans ces conditions, même la plus aimante des mamans serait prête à sacrifier une bonne centaine d’euros pour voir disparaître les mômes de son champ de vision.

Pied-pong et morpion-croquettes

Pour tuer le temps – et calmer les nerfs –, chacun rivalise d’ingéniosité selon ses moyens, ses passions et son besoin d’activité physique. Qui peut juger ce voisin qui s’est lancé dans un Paris-Roubaix entre les toilettes et le salon, cet autre qui a transformé son appartement en salle d’entraînement pour cascadeur, ou encore ces deux dignes inventeurs du « pied-pong » ?

C’est aussi le moment de s’essayer à de nouvelles choses, avec un succès discutable, comme jouer au morpion-croquettes avec son chien ou développer ses talents de crêpier (on vous déconseille les deux).

Le plus simple et le plus prudent restant de ne, tout simplement, rien faire, ce qui malgré les apparences demande tout de même une certaine discipline.

Car, au plus fort du grand chamboulement, on pourra toujours compter sur les indéboulonnables fondamentaux de la nature humaine, qui – maintenant plus que jamais – gardera toujours un œil méfiant sur ses voisins, continuera à voir d’un mauvais œil la pizza à l’ananas, quelles que soient les conditions d’accès aux denrées alimentaires, et ne gagnera sans doute jamais totalement la bataille de l’homme contre l’imprimante.

« On est d’accord qu’on remettra plus jamais de soutifs »

Mais le confinement, c’est aussi le temps du questionnement, de l’introspection, de profiter de ces moments où l’on se retrouve seul face à soi-même, en pyjama, sans avoir eu de contact humain depuis plusieurs jours, et où l’on se pose de vraies questions : faudra-t-il vraiment remettre un soutien-gorge quand on retournera à la vie civilisée ? Visiblement, les quelque 15 000 personnes ayant « aimé » le point de vue de la dessinatrice Pélénope Bagieu (sic) semblent penser que non.

Et faudra-t-il vraiment reprendre cette habitude si française – et si peu comprise par les étrangers – de la bise ? C’est cette fois plus de 60 000 personnes qui semblent penser que non, merci, ça va aller.

Alors, que restera-t-il de ces longues semaines d’enfermement ? Des familles éclatées, des sous-vêtements dans un tiroir, des traditions chamboulées ? Ou peut-être juste le récit de nos sorties épiques au supermarché ?…

Le Monde

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