Samy Amimour à sa petite sœur: se faire exploser , « c’est une belle mort ! »

La famille du kamikaze qui s’est fait exploser au Bataclan le 13 novembre est sortie éprouvée de trente-six heures de garde à vue.

Par Publié le 19 novembre 2015 à 10h47 - Mis à jour le 19 novembre 2015 à 11h31

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Samy Amimour (à gauche) et quatre autres terroristes ayant participé aux attentats de Paris et Saint-Denis le 13 novembre 2015

Etrange veillée que celle qui se tenait mercredi soir dans la famille de Samy Amimour, à Drancy (Seine-Saint-Denis). Le père, la mère et la jeune sœur du kamikaze qui s’est fait exploser avec deux autres terroristes au Bataclan le 13 novembre sont sortis éprouvés de trente-six heures de garde à vue. Amel, la sœur aînée du djihadiste, vient de rentrer de Dubaï, où elle travaille. Regroupés dans le salon où défilent les connaissances, ils se repassent en boucle le film de ces derniers mois. Mesurent leur « naïveté ».

Car jamais la famille n’a perdu le lien avec Samy, parti rejoindre l’Etat islamique en septembre 2013, bien qu’il soit placé sous contrôle judiciaire après avoir été soupçonné, un an plus tôt, de vouloir partir faire le djihad en Somalie. « Il avait peur d’être condamné s’il restait en France, où il ne pouvait pas vivre sa foi comme il le voulait, où il se sentait stigmatisé. Durant les premiers mois qu’il a passés en Syrie, il allait bien. Il était heureux, libre. On se parlait sur Skype », raconte Amel.

Blessé à une jambe

Toute la famille se met alors d’accord pour éviter de le provoquer, et chacun se garde d’aborder les sujets sensibles ou de poser trop de questions. C’est lui, parfois, qui lâche des anecdotes, comme celle du jour où les responsables de l’EI ont désarmé son groupe et où, à la place des fusils, ils se sont mis à porter des ceintures de TNT (« ça dissuade les kidnappings »)… En février 2014, Samy est blessé à la jambe lors d’une explosion. Le lien avec ses proches se distend, sauf peut-être avec Maya, sa jeune sœur de 21 ans. Un jour, la jeune fille lui raconte qu’elle a rêvé qu’il explosait. Samy l’interroge : « Contre ma volonté ? – Non. – Alors c’est une belle mort ! », lance-t-il.

A plusieurs reprises, il lui a demandé de le rejoindre, et elle a esquivé. Mais c’est pourtant sa cadette qu’il charge d’organiser le départ vers la Syrie de Kahina, 17 ans, une jeune femme du Blanc-Mesnil qu’il compte épouser. Le couple s’est rencontré en 2012, dans le bus que conduisait Samy. « Elle portait le niqab, et comme elle était grande, il l’a cru plus âgée. Je crois qu’ils étaient réellement amoureux », assure Maya.

A l’automne 2014, à la demande de son frère, la jeune fille planifie et paie une partie du voyage de sa future belle-sœur vers la Syrie, via l’Italie. Pour cela, Maya a été interpellée le 3 mars 2015 et a passé 96 heures en garde à vue. « Les policiers pensaient que j’allais partir moi aussi », confie la jeune fille, placée sous contrôle judiciaire.

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