Exposition : 1968-1978, une décennie décisive pour les Klarsfeld

Le Mémorial de la Shoah a réuni des archives personnelles du couple.

Par Publié le 07 mars 2018 à 10h44 - Mis à jour le 07 mars 2018 à 12h40

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Serge et Beate Klarsfeld, le 8 janvier 1972.

Sans les archives du Mémorial de la Shoah à Paris et du Centre de documentation juive contemporaine (CDJC), Serge et Beate Klarsfeld n’auraient pu retrouver la trace de nombreux déportés juifs de France, ni poursuivre en justice d’anciens nazis restés impunis. Le couple n’aura cessé de témoigner sa reconnaissance aux équipes du Mémorial pour leur aide précieuse. Celui-ci leur rend aujourd’hui hommage à son tour, en consacrant une exposition foisonnante aux combats qu’ils ont menés entre 1968 et 1978.

Cette scansion chronologique s’avère pertinente à plus d’un titre. Elle permet tout d’abord de resserrer le propos sur une période décisive pour les Klarsfeld : pendant celle-ci, ils renouvellent leur pratique militante et deviennent des figures de premier plan de la mémoire de la Shoah.

Voir aussi Exposition : à la rencontre de Beate et Serge Klarsfeld à Paris

Ce parti pris donne également l’occasion au Mémorial de mettre en perspective deux anniversaires : les 50 ans de la campagne menée contre le chancelier ouest-allemand Kurt Kiesinger – le 7 novembre 1968, en plein congrès de la CDU, Beate Klarsfeld administrait une gifle à celui qui fut, sous le IIIe Reich, le directeur adjoint de la propagande radiophonique – et les 40 ans de la publication du Mémorial de la déportation des juifs de France, de Serge Klarsfeld, fruit d’un travail colossal de recensement des 75 500 juifs de France déportés.

Démêlés judiciaires

Toutefois, l’exposition se garde de célébrer les coups d’éclat du couple. La gifle est traitée sans émotion. Seule une photo de Kiesinger se tenant la joue est présentée. L’événement est replacé dans son contexte : si le geste fait la « une » de France-Soir et Bild, ­reléguant l’élection de Richard Nixon à la présidence des Etats-Unis au second plan, Beate Klarsfeld est représentée en sorcière dans la Süddeutsche Zeitung. Avec un courage énorme, le couple, soutenu par un noyau de militants, affronte alors les démêlés judiciaires : Beate Klarsfeld est condamnée pour la gifle à un an de prison ferme, peine ramenée en appel à quatre mois avec sursis.

La force de cette exposition tient surtout à la richesse des archives personnelles du couple. Certains documents sont particulièrement touchants. Dans l’espace consacré à leur itinéraire personnel avant leur rencontre, le visiteur tourne les pages d’un album de voyage effectué en Grèce, en 1954, par Serge Klarsfeld, alors boursier de la Fondation Zellidja. A l’intérieur, on peut lire ces deux mentions : « Profession du père : mort en déportation » ; « profession souhaitée : professeur d’histoire ».

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