Les fondations d’art prolifèrent en terre ibère

Du Centro Botin à la Norman Foster Foundation, l’Espagne mise plus que jamais sur le secteur privé.

Par Publié le 22 janvier 2018 à 09h17 - Mis à jour le 22 janvier 2018 à 12h34

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Le Centro Botin, à Santander (Espagne), conçu par l’architecte italien Renzo Piano.

L’affaire semble entendue : on ne bâtit guère plus de châteaux en Espagne – et encore moins de moulins à vent. On y érige, en revanche, des fondations d’art. La pierre muséale est même devenue, dans ce pays fissuré par les crises, l’un des plus solides ciments nationaux : à bien examiner le sol ibère, il ne se passe pas un mois, ou presque, sans qu’un nouveau centre d’art sorte de terre.

A Santander, c’est de l’océan qu’a émergé le Centro Botin, inauguré le 23 juin 2017. Plus précisément de l’embarcadère, qui, longtemps, fut le cœur battant de cette cité portuaire de Cantabrie, région nichée sur la côte nord-ouest de la péninsule, entre les Asturies et le Pays basque. Santander, ce sont d’abord des barques et des banques. Des siècles durant, le commerce avec les Amériques fit prospérer plusieurs établissements financiers, dont le principal prit, en 1857, le nom de la ville elle-même. Depuis lors, une seule et unique famille, les Botin, tient la barre de Banco Santander, devenue la figure de proue du secteur bancaire espagnol.

Au gouvernail de 1986 à sa mort, en 2014, Emilio Botin a été désigné « meilleur banquier du monde » en 2008 par le magazine Euromoney pour avoir évité le maelström des subprimes. En marge de ses périples capitalistiques, le bon capitaine veilla sur les trésors amassés par lui et les siens : une vaste collection d’œuvres d’art (Cranach, Goya, El Greco, Picasso, Miro, Kounellis…), gérée par plusieurs fondations, auxquelles il souhaita offrir un dock ad hoc, au cœur du port familial. Ainsi est né le Centro Botin, appelé à abriter les activités artistiques, culturelles et pédagogiques de la fondation du même nom, créée en 1964 – distincte de la Fundacion Banco Santander, aux visées similaires, lancée il y a près de vingt-cinq ans.

Le Centro Botin, sur la baie de Santander.

Le « caprice cantabrique de Piano »

Pour bâtir ce drôle de bateau, les Botin ont dégotté un « top-architecte » de la Botte : l’Italien Renzo Piano, expert ès musées depuis qu’il a co-conçu le Centre Pompidou, à Paris, en 1977. « Par son enchevêtrement de collines, d’industries, de grands ensembles et de monuments historiques, la baie de Santander me rappelle celle de Gênes, en Ligurie, dont nous sommes originaires Renzo et moi », indique Luciano Simonelli, membre de l’équipe dépêchée à Santander par le maestro durant toute la durée du chantier. Le jeune architecte circule d’une pièce à l’autre avec le flegme d’un loup de mer : « Renzo Piano avait réhabilité le port génois dans les années 1990, poursuit-il. Même si le Centro Botín est sa première réalisation en Espagne, il s’est senti en terrain familier. »

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