Edouard Philippe : « Au Havre, créer des œuvres qui obligent à regarder la ville »

Interrogé avant sa nomination en tant que premier ministre, le maire de la ville évoque l’organisation de la manifestation « Un été au Havre », qui a lieu jusqu’au 5 novembre.

Propos recueillis par et Publié le 24 mai 2017 à 16h23 - Mis à jour le 26 mai 2017 à 11h57

Temps de Lecture 4 min.

Article réservé aux abonnés

Le premier ministre Edouard Philippe à Paris, le 15 mai 2017.

Maire du Havre depuis 2010, Edouard Philippe a été nommé premier ministre le 15 mai. Nous l’avions interrogé, le 5 mai, dans ses bureaux de l’hôtel de ville, tapissés de photos de boxeurs et de certificats de docker de ses aïeux. L’édile nous avait expliqué dans quel esprit ont été élaborées les manifestations organisées pour le 500e anniversaire de la ville, prévues du 27 mai au 5 novembre.

Durant des décennies, Le Havre, dans l’esprit des gens, c’était Stalingrad-sur-Seine. Le classement au Patrimoine mondial de l’Unesco, en 2005, ­a-t-il changé la vision sur la ville ?

Ce classement a permis de définir les raisons pour lesquelles les Havrais l’aiment bien. Ceux qui avaient connu la ville d’avant [la reconstruction par Perret] ne se reconnaissaient pas dans la nouvelle et beaucoup ne l’aimaient pas. Mais on savait qu’on y vivait bien, et le classement a objectivé les choses. Quand on disait que c’était moche, on pouvait rétorquer que la ville était classée au Patrimoine de l’humanité. Et cela a entraîné le retour des bateaux de croisière, par exemple.

Le Havre est une terre contrastée : une ville fondée pour le négoce et qui crée une grande bourgeoisie marchande, mais aussi une cité hyper-industrielle et plus populaire que la moyenne. Une ville d’estuaire, donc de l’eau et de la terre. Une ville de la ­Renaissance, et cela ne se voit pas.

François Ier a réalisé des choses exceptionnelles, comme les châteaux de la Loire. Mais il a aussi créé Le Havre. Quelle vision emblématique ! Ce choix, c’était celui de l’ouverture vers le Nouveau Monde, une entrée dans la modernité, l’affirmation d’un nouveau pouvoir royal…

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Il était une fois Le Havre

Comment ont été conçues les festivités du 500e anniversaire ?

Le 500anniversaire ne doit pas être uniquement tourné vers le passé : c’est le début des 500 ans qui suivent. Il fallait montrer ce qu’est la ville : pourquoi elle a été créée – et les raisons qui ont poussé à sa création sont encore valables – et ce qu’elle est architecturalement, sociologiquement, économiquement, géographiquement, et quel est son potentiel. Pour surprendre aussi bien les Havrais, qui pensent la connaître parfaitement, ce qui est inexact, que ceux qui ne la connaissent pas, ou peu et qui s’en font une fausse idée. Il s’agit de créer des parcours, de mélanger du « déjà-là » et de la création qui permette de le révéler. D’entrer dans des endroits, de donner envie de voir des choses, et de montrer qu’il y a des rapports à la modernité un peu surprenants.

Il vous reste 55.8% de cet article à lire.

Lecture du Monde en cours sur un autre appareil.

Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois

Ce message s’affichera sur l’autre appareil.

  • Parce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil.

    Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois (ordinateur, téléphone ou tablette).

  • Comment ne plus voir ce message ?

    En cliquant sur «  » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.

  • Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ?

    Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte.

  • Y a-t-il d’autres limites ?

    Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents.

  • Vous ignorez qui est l’autre personne ?

    Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.