La foire aux affaires télécoms 

Par Publié le 24 avril 2000 à 14h32 - Mis à jour le 24 avril 2000 à 14h32

Temps de Lecture 3 min.

Article réservé aux abonnés

ON VEND, on achète, on brade. En coulisse, le monde des télécoms est le théâtre d'un vaste bazar. Les transactions qui s'y déroulent ne portent pourtant pas sur des biens tangibles, mais sur des minutes, de la bande passante ou de l'accès Internet. Les principaux intéressés par ces drôles de denrées ? Les opérateurs de télécommunications, qui, tout en se livrant à une féroce concurrence, se vendent et s'achètent des minutes de communication, selon leurs besoins, vers telle ou telle destination. Ce petit monde n'est pas nouveau. Pour supporter des pics de consommation, les grands opérateurs sont obligés de prévoir des « tuyaux » supérieurs à leurs besoins habituels. Sur certaines destinations, comme les liaisons transatlantiques, le taux d'utilisation du réseau d'un grand opérateur peut atteindre à peine 25 %. Pour rentabiliser leurs réseaux, les opérateurs ont donc tout intérêt à vendre de la capacité à d'autres.

Pendant longtemps, ces transactions se faisaient entre gens du même monde. La dérégulation du secteur télécoms a tout bouleversé. « Jusque dans les années 90, le marché était simple, une quarantaine de personnes dans le monde, qui se connaissaient entre elles, se livraient à cette activité », explique Joseph Bouchez, chef du département des sciences humaines et de gestion à l'ENIC (Ecole nouvelle d'ingénieurs en communication). Aujourd'hui, le marché s'est considérablement complexifié. On ne dénombre pas moins de 3 000 opérateurs de réseau et de services aux Etats-Unis, 130 au Royaume-Uni et 80 en France. Fini l'artisanat, le trading de minutes est devenu une activité à part entière, qui mobilise des compétences en interne. Les opérateurs ont ainsi au sein de leurs organigrammes des acheteurs et des vendeurs de minutes, qui négocient « leur » marchandise. Deuxième conséquence de la dérégulation, l'apparition d'une nouvelle race d'intermédiaires qui se positionnent sur le marché du courtage télécoms sur Internet. L'idée est nouvelle en France, mais elle existe depuis plusieurs années aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, où des sociétés comme Arbinet ou Band-X ont pignon sur rue. L'arrivée de ces courtiers d'un nouveau genre dans l'Hexagone ne date que de quelques mois, mais ces sociétés, à l'image de Trading.com, veulent déjà devenir un lieu incontournable d'échange pour les opérateurs. Pour Arnaud Beauregard, son PDG, « Trading.com rend le marché plus ouvert grâce à la divulgation d'un prix de référence associé à un niveau de qualité ».

Il vous reste 39.87% de cet article à lire.

Lecture du Monde en cours sur un autre appareil.

Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois

Ce message s’affichera sur l’autre appareil.

  • Parce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil.

    Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois (ordinateur, téléphone ou tablette).

  • Comment ne plus voir ce message ?

    En cliquant sur «  » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.

  • Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ?

    Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte.

  • Y a-t-il d’autres limites ?

    Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents.

  • Vous ignorez qui est l’autre personne ?

    Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.