Le pas décidé du Metropolitan Opera de New York vers le XXIe siècle

OPÉRA Le Metropolitan Opera de New York est le rendez-vous privilégié des plus célèbres chanteurs du moment. La même semaine, Luciano Pavarotti, Placido Domingo et Roberto Alagna peuvent s'y succéder dans des mises en scène réputées académiques. DIRECTEUR de l'institution depuis 1990, Joseph Volpe a décidé de rééquilibrer les productions. Des metteurs en scène tels que Robert Carsen et Robert Wilson vont y faire leurs débuts. Il a également passé commande à des compositeurs contemporains et cherche une annexe pour représenter le répertoire baroque de façon philologique. POUR Mirella Freni, le patron du Met a remis au répertoire le quatrième opéra d'Umberto Giordano, Fedora, qui a permis à la soprano italienne de montrer que, à l'âge de soixante et un ans, elle était toujours l'une des reines incontestées de la salle new-yorkaise.

Par RENAUD MACHART Publié le 12 octobre 1996 à 00h00 - Mis à jour le 12 octobre 1996 à 00h00

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A force de paraphraser les « on-dit » sans y être jamais allés, les auteurs de commentaires sur le Metropolitan Opera de New York finissent par perdre le sens de l'à-propos. Il s'est dit et écrit beaucoup de choses sur le conservatisme d'une maison qui ne se dédierait qu'aux monstres sacrés et vieillissants de l'art lyrique, on a beaucoup jasé à propos de la mainmise du chef d'orchestre James Levine depuis vingt-cinq ans sur la direction musicale de la maison. Mais il semble que la tendance d'opinion s'inverse, coïncidant avec les premiers résultats de la politique de Joseph Volpe, directeur général du Met depuis 1990.

Certes, il n'est pas rare de tomber, dans la programmation annuelle du Met, sur des productions d'un autre âge, chromo en diable, pour ne pas dire revêches à l'oeil d'un observateur européen moyennement raffiné. En revanche, on s'y trouve rarement déçu par les gosiers, rassemblés en des distributions pour la plupart exceptionnelles. Ainsi, le mélomane pouvait-il y entendre, il y a peu, Placido Domingo, Luciano Pavarotti et Roberto Alagna chantant pendant la même semaine.

En fait la problématique posée par le type de fonctionnement du Met peut être formulée en des termes simples. En tenant de côté les masses financières et la particularité du budget du Met (l'argent public n'y représente qu'une part infime), il s'agit de mettre en regard, d'une part, une programmation fondée sur la reprise de productions maison, leur alternance mêlée à un sage renouvellement du répertoire, et, d'autre part, une programmation de spectacles nouveaux, donnés sur une période de quelques semaines et presque jamais repris. Les deux camps sont, emblématiquement, représentés par le Met, d'une part, et le Théâtre du Châtelet, de l'autre. L'Opéra de Paris offre une solution mixte, mêlant les reprises de quelques oeuvres d'une année sur l'autre et la production, parfois extrêmement coûteuse, d'un spectacle nouveau exceptionnel (le récent Hippolyte et Aricie de Rameau, au Palais Garnier, avec l'invitation de forces musicales et chorégraphiques extérieures à la maison).

L'argument opposé aux défenseurs du « système Met » est l'impossibilité d'y travailler calmement, notamment sur le plan scénique, l'alternance et la reprise des spectacles amenant à une planification serrée et à la simplification des éléments fixés lors de la création. Le ténor français Michel Sénéchal, Platée de légende au Festival d'Aix, il y a quarante ans, et récent bandit en chef impayable dans Les Brigands, d'Offenbach, à la Bastille, est présent pendant plus de neuf mois par an au Met et à l'Opéra de San Francisco. « CONNAISSANCE PARFAITE »

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