REPRISE " UNE ÉTOILE EST NÉE ", de George Cukor Pour Judy ou pour James ?

Par JACQUES SICLIER. Publié le 01 août 1984 à 00h00 - Mis à jour le 01 août 1984 à 00h00

Temps de Lecture 3 min.

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On a fait grand bruit, l'an dernier, aux Festivals de Venise puis de Deauville, autour de la version intégrale reconstituée (trois heures) du film de Cukor, tourné pour Warner Bros en 1954, et qui avait été, lors de sa première sortie, raccourci à la demande des exploitants. Or, en 1973, à Paris, l'Action République avait déjà présenté une version de deux heures quarante, rétablissant certaines scènes supprimées.

La restauration de 1983 n'est donc pas forcément un événement. Elle cause même une déperdition du rythme dramatique, romanesque, dans la dizaine de minutes (après la première rencontre de James Mason et Judy Garland) où l'on a plaqué, sur la bande son retrouvée, des images fixes façon roman-photo dont l'utilité n'est pas évidente. George Cukor est mort avant la première projection aux États-Unis de la version restaurée. Mais on sait que le numéro musical Born in a trunk, où Esther Blodgett (Judy), devenue à Hollywood Vicki Lester, chante et retrace sa carrière, n'avait pas été réalisé par lui, et qu'il ne l'approuvait pas. Essayons de sortir de ce sac d'embrouilles.

En 1932, What price Hollywood ? De Cukor, avec Constance Bennet, est déjà, quant au scénario, le brouillon d'Une étoile est née, réalisé par William Wellman, en 1937, avec Janet Gaynor et Fredric March, et en couleurs (1). Il y aura aussi, en 1976, un " remake " de Frank Pierson, avec Barbra Streisand et Kris Kristofferson, mais on peut dire que cela ne compte pas. Au milieu des années 50, Une étoile est née, version Cukor intégrale ou pas, était nécessairement un film mythique. On n'avait d'yeux alors que pour Judy Garland, rescapée de l'alcool et de la dépression nerveuse, faisant, grâce à son deuxième mari, le producteur Sidney Luft, une rentrée au cinéma quasiment inespérée.

En admettant que l'acteur alcoolique Norman Maine, joué par James Mason, ait été plus ou moins un portrait de John Barrymore, seuls aujourd'hui les cinéphiles chevronnés peuvent s'intéresser à ce que le film véhicule de la légende noire d'Hollywood. En fait, cette reprise apporte un renversement de valeurs sur l'orientation donnée par Cukor à cet admirable, ce bouleversant drame psychologique, où la comédie musicale s'introduit comme en fraude, à cause de ce qu'était alors Judy Garland, façonnée par Minnelli.

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